Énième scandale au sein de la Direction du Médicament et de la Pharmacie

4156
Le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb. Photo DR.

Les scandales au sein de la Direction du Médicament et de la Pharmacie (DMP) s’enchaînent. Dernier en date: des soupçons de passe-droits et de fraude dans l’octroi d’autorisations et de licences à des entreprises « triées sur le volet ».

Faisant l’objet d’une enquête parlementaire, la Direction du Médicament et de la Pharmacie (DMP) n’en finit pas avec les scandales. Des passe-droits et des cas de fraudes au sein de ladite direction sont révélés par le quotidien arabophone Al Massae dans son édition du 1er mars.

Selon des sources bien informées du quotidien, des entreprises interfèrent dans l’octroi de licences et de certificats de commercialisation aux entreprises pharmaceutiques et de fournitures médicales.

Et ce n’est pas tout, d’autres sociétés se chargeraient de délivrer des autorisations uniquement à des entreprises triées sur le volet et qui appartenant à des directeurs au sein de la DMP ou à leurs proches, révèle la même source.

Les entreprises soumettant un dossier doivent systématiquement passer par ces sociétés, dénoncent les sources bien informées du quotidien arabophone. Le service de ces sociétés de courtage n’est pas gratuit, souligne la même source. Sans quoi les dossiers des entreprises ne passant par ces intermédiaires sont refusés.

 

Lire aussi: Une affaire de fraude de marchés publics secoue le ministère de la santé

 

Pour ces mêmes allégations, une vague de licenciements a visé l’institution relevant du ministère de la Santé. Le chef de la division de la pharmacie, Wadii Zerhouni et la chef du service des visas de l’homologation et des autorisations, Meryem Baghdadi ont tous deux été licenciés mi-février, par le ministre, Khalid Ait Taleb.

Un sit-in a alors été organisé par le bureau syndical affilié à l’Union marocaine du travail (UMT) pour dénoncer ce qu’ils estiment être des «licenciement abusifs». Dans son communiqué, le bureau syndical s’en est alors pris à la directrice de la DMP, Bouchra Meddah, qui serait à l’origine de ses dysfonctionnements, en plus de l’accuser de «mauvaise gestion des cadres», «d’abus de pouvoir» et même de «harcèlement moral».

Le bureau syndical pointait à son tour des «dysfonctionnements dangereux dont l’obstruction ou la suspension du système informatique stockant les données relatives aux dispositions médicaux aux produits cosmétiques et d’hygiène corporelle du service des visas, de l’homologation de ces sociétés à rédiger des plaintes mensongères contre certains cadres et ce depuis le 5 février 2021».

À noter qu’une la Direction du Médicament et de la Pharmacie fait actuellement l’objet d’une commission d’enquête parlementaire pour des défaillances dans sa gestion.