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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Après le communiqué du PJD rejetant les résultats obtenus à l’élection des membres de la Chambre des conseillers, l’ancien député et cadre de la formation islamiste Abdeaziz Aftati dénonce une « mascarade » générale.

    Pour Abdelaziz Aftati, ancien député et actuel membre du secrétariat général du Parti de la justice et du développement (PJD), les résultats obtenus par son parti lors du scrutin du 5 octobre « ne peuvent pas refléter la réalité ». La formation de la Lampe a, pour rappel, obtenu trois sièges à la Chambre des conseillers, au titre des collèges des collectivités territoriales et des chambres professionnelles, en plus de deux autres à travers son syndicat l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM). Des résultats rejetés par le secrétariat général du parti qui a appelé, dans un communiqué diffusé dans la soirée du 6 octobre, les trois candidats « gagnants ».

    « Il y a eu un accord et un consensus au sein du secrétariat général du parti pour refuser cette mascarade, réagit dans une déclaration à H24 Info Abdelaziz Aftati. Si les conseillers se considèrent membres engagés du parti, ils doivent se plier à cette décision et présenter leurs démissions ».

    Une « mascarade »

    Les trois conseillers élus, à savoir Mustapha Dahmani, Mohamed Benfqih et Said Chakir, sont en effet les seuls que le PJD a présenté à l’élection de la Chambre des conseillers. Le parti a estimé que les 777 sièges obtenus aux communales le 8 septembre dernier, ne lui permettraient pas « de toute façon de remporter grand-chose » à la deuxième chambre, malgré son alliance de dernière minute avec le Parti du progrès et du socialisme (PPS).

    « Les voix obtenues par les candidats du parti (le 5 octobre) dépassent largement, de façon étrange et inadmissible, celles qui reviennent au parti », expliquait un peu plus tôt Slimane El Amrani, premier vice-secrétaire général du PJD, dans le communiqué diffusé dans la soirée du 6 octobre.

    « Au parti, nous considérons que les résultats des élections législatives, communales et régionales du 8 septembre dernier sont faussés. Beaucoup de personnes ont été priés de ne pas se présenter avec le PJD pour aller le faire ailleurs. Maintenant, si on prend en considération les voix obtenus il y a près d’un mois, on ne peut pas avoir autant de voix aujourd’hui à la Chambre des conseillers », renchérit Abdelaziz Aftati.

    Le PJD « anti-système »?

    Le PJD ne devrait donc pas siéger à la deuxième chambre, si les trois conseillers élus suivent les instructions du secrétariat général. Pour le politologue et professeur de droit Mustapha Sehimi, la décision du PJD de rejeter les résultats du scrutin du 5 octobre est « surprenante pour plusieurs raisons ». « Il y a des procédures de recours qui intéressent le contentieux électoral. Sur ce plan-là, toutes les possibilités sont offertes par la législation pour que les candidats contestant les résultats, que ce soit ceux du PJD ou ceux des autres partis, pour qu’ils puissent recourir à la justice administrative qui fera son travail dans des conditions normales. C’est là le corollaire de l’Etat de droit et des possibilités offertes par la justice pour préserver les droits des candidats et décider de leur bienfondé », estime-t-il.

    Selon lui, la réaction de la formation islamiste est aussi une « mise en cause directe du processus électoral ». Le PJD ne veut pas « utiliser le terrain juridictionnel du recours devant la justice et préfère retenir une option de contestation des résultats de ces élections concernant une institution constitutionnelle comme la Chambre des conseillers. Le fait qu’il demande à ses trois conseillers de démissionner est une forme particulière de contestation. C’est une manière de sortir du système institutionnel pour contester sa légitimité ».

    Le PJD ne compte plus seulement, selon Mustapha Sehimi, exercer une « forme d’opposition normale telle qu’elle est prévue par la Constitution, mais veut mettre en avant une autre attitude, c’est-à-dire une position anti-système en dehors du cadre légal et institutionnel ». Et d’ajouter : « Ce serait intéressant de savoir s’il s’agit là d’une mesure ponctuelle liée au processus électoral qui a conduit à l’élection de trois conseillers du PJD ou s’il s’agit d’une autre approche plus sévère et radicale à l’endroit même du système institutionnel. Tout ça est problématique et n’atteste pas du respect par la formation islamiste des règles du jeu politique et démocratique au Maroc ».

    Le PJD avait déjà contesté dans un précèdent communiqué les résultats du 8 septembre dernier, dénonçant plusieurs « violations et irrégularités », dont « l’usage massif de l’argent » et une « manipulation des procès-verbaux ». « Les contestations formulées par le PJD le 8 septembre dernier étaient tout à fait normales au lendemain des élections, mais ça n’avait pas atteint ce niveau », estime encore Mustapha Sehimi. « Il y a là une escalade de la part du PJD », conclut-il.

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