El Abbadi: «Les islamistes ont été poussés à l’échec»

1531
Mohamed El Abbadi à côté d'Abdeslam Yacine

Le guide d’Al Adl Wal Ihssane, Mohamed El Abbadi, a accordé une interview au site Aljazeera.net où il a livré son analyse sur plusieurs sujets: l’après printemps arabe, les islamistes au pouvoir, les rapports tendus de la Jamaâ avec l’État et la vision d’Al Adl Wal Ihssane de la « Khilafa ».

«Les islamistes ont été poussés à l’échec. On ne peut pas les juger sur cette base». C’est avec cette déclaration que le successeur d’Abdeslam Yacine débute son interview. Selon lui, les islamistes ont été victimes des affairistes au niveau local, régional et international. «Ces mêmes affairistes sont à l’origine de la situation décadente dans laquelle sombre la majorité des pays de la région», assure-t-il avant d’ajouter que «la participation des islamistes au gouvernement marocain, dans ce qu’ils appellent la réforme dans le cadre de la continuité, est un grand revers pour ceux qui ont opté pour ce choix.» Le guide de la Jamaâ estime que la stabilité politique que vit le Maroc «n’est qu’un calme avant la tempête».

Pour ce qui est de la participation de la confrérie aux élections et à la vie institutionnelle du pays, El Abbadi affirme que son mouvement «ne refuse pas le jeu politique», mais précise que l’absence de démocratie a poussé Al Adl Wal Ihssane à opter pour l’activisme en dehors des institutions.

En réponse à Abdelouafi Laftit, le ministre de l’Intérieur qui a accusé la jamaâ d’avoir provoqué et manipulé les événements de Jerada, El Abbadi rétorque que l’État «use de tous ses moyens pour discréditer la confrérie et la rendre responsable des tensions sociales».

Répondant à une question sur l’idéologie de la Jamaâ, basée sur le concept de la «Khilafa», El Abbadi temporise: «la confrérie adopte le fond et l’esprit de la “Khilafa”, qui est fondée sur la justice, la liberté, les droits de l’homme et la dignité. Quant à sa forme, elle est laissée à “l’ijtihad” et à la conformité avec les exigences des temps modernes», conclut-il.