Enseignement primaire: les écoles privées obligées d’utiliser les seuls livres approuvés par le ministère (rapport)

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Il faut obliger les acteurs publics et privés de l’enseignement primaire à opter exclusivement pour les livres approuvés par le ministère. C’est l’une des recommandations d’un rapport préparé par le groupe parlementaire de travail thématique chargé de l’évaluation des politiques publiques relatives à l’enseignement préscolaire à la première Chambre.

Ce rapport, qui présente les principales conclusions de l’évaluation des politiques publiques en matière d’enseignement primaire, fait une panoplie de recommandations visant à améliorer ces politiques. Il prône ainsi l’adoption du concept d’enseignement préscolaire en lieu et place de l’enseignement primaire, compte tenu de la spécificité de la tranche d’âge ciblée et des expériences internationales en termes d’éducation préscolaire.

Au niveau de l’arsenal juridique, le rapport a souligné la nécessité d’accélérer la promulgation des textes juridiques et réglementaires relatifs à la loi-cadre 51-57, notamment la loi relative à l’enseignement scolaire, ainsi que la modification du décret 2.02.382 relatif aux attributions et à l’organisation du ministère de l’Éducation nationale en vue d’accompagner la répartition des nouvelles tâches entre les différents niveaux du système d’éducation.

En ce qui concerne le domaine de la gouvernance, le document insiste sur la mise en œuvre d’un nouveau modèle de gestion basé sur la responsabilité exclusive du secteur de l’éducation nationale dans les processus liés, principalement à l’octroi des autorisations pour la création de classes et d’établissements d’enseignement primaire, l’encadrement de leurs employés et l’élaboration des programmes d’enseignement à adopter conformément au référentiel national.

 

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Dans ce sillage, le rapport a également appelé à ouvrir la voie pour les autres institutions et acteurs des secteurs public et privé et aux associations de la société civile, tout en les encourageant à s’engager davantage dans l’effort national de généralisation et de développement de l’enseignement primaire, en plus d’accélérer le processus d’inclusion des enfants de trois ans dans l’enseignement primaire, dans le cadre de l’activation de la loi-cadre 51.17 et le Programme national de généralisation et de développement de l’enseignement primaire.

Le rapport s’attèle aussi aux structures et aux équipements, préconisant la réhabilitation des salles dédiées à l’enseignement primaire dans les écoles publiques, afin qu’elles soient conformes aux normes de qualité de l’enseignement primaire.

Le rapport insiste pour fournir les garanties légales de mise en œuvre des standards de qualité en matière logistique, pédagogique, sanitaire, éducative et de sécurité pour la gestion des salles et la priorisation de la réalisation des objectifs du Programme national pour les établissements du monde rural.

Le rapport a également mis en avant la nécessité de développer un cadre organisé et spécifique pour le rôle de la société civile dans l’enseignement primaire et déterminer la responsabilité de l’État, ainsi qu’un cadre réglementaire qui définit l’intervention des associations de parents et tuteurs d’élèves.

 

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Il a par ailleurs recommandé de faire adhérer les acteurs intéressés, compétents et expérimentés, au développement des compétences pédagogiques pour travailler avec les associations spécialisées, en plus de promouvoir la contribution des entreprises à ce chantier à travers des mécanismes de parrainage et de suivi.

Il s’agit aussi, selon la même source, de l’élaboration d’un cadre juridique et financier pour la catégorie des éducateurs qui garantit leurs droits matériels et moraux et identifie la partie responsable de sa gestion, ainsi que leur sélection selon des conditions appropriées leur permettant d’appréhender les programmes et de bien interagir avec le programme d’éducation.

Le rapport appelle aussi à la mise en œuvre d’un cadre juridique pour la formation de base des éducateurs de l’enseignement primaire, à l’instar des autres cadres, tout en établissant des partenariats nationaux et internationaux avec des institutions et des associations de l’enseignement primaire afin d’échanger les expériences pour développer l’enseignement primaire en particulier et le système d’éducation et de formation en général.

 

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Le document s’est également arrêtée sur la nécessité d’obliger tous les acteurs et partenaires publics et privés de l’enseignement primaire à adopter le référentiel élaboré par le ministère de l’Éducation nationale, à opter exclusivement pour les livres approuvés par le ministère, à tenir compte des spécificités géographiques, culturelles et linguistiques dans la préparation et la mise en œuvre des programmes d’enseignement et à élaborer un guide pédagogique spécial pour les enfants en situation de handicap pour aider les éducateurs à bien gérer les classes accueillant cette catégories d’élèves.

Le rapport a également souligné la nécessité de fournir toutes les données financières relatives aux contributions de tous les intervenants et contributeurs au programme national afin d’améliorer la transparence et de faciliter les processus de suivi et d’évaluation, ainsi que pour allouer davantage de fonds à la promotion de l’enseignement primaire à partir du budget du ministère de l’Éducation nationale pour assurer la réalisation des objectifs escomptés et activer le Fonds spécial d’aide à l’éducation prévu par la loi cadre, en dédiant une partie importante des ressources de ce dernier à la promotion de l’enseignement primaire.

Concernant l’intégration des enfants des immigrés africains et des réfugiés dans le système d’enseignement primaire, le rapport a recommandé la nécessité d’élaborer un guide pédagogique pour l’éducation inclusive de ces enfants, d’élaborer un manuel en leur faveur et de revoir les livres d’enseignement afin de les harmoniser avec la perspective éducative de cette catégorie et de développer un plan pour former les éducateurs à l’éducation inclusive des immigrants et des réfugiés.

 

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Et de préconiser une révision des programmes et des approches éducatives, notamment avec l’expérience liée au Covid-19, à réfléchir au concept d’éducation mixte basé sur la combinaison de la formation en présentiel et les solutions technologiques qui engagent les parents dans le développement des capacités de leurs enfants.

Le rapport a appelé à repenser le modèle de formation pour l’enseignement primaire, en relation avec le contexte de la pandémie et à investir dans le développement de la recherche sur les futures méthodes d’enseignement pour ce groupe d’enfants.

D’autre part, le rapport a recommandé le renforcement du rapprochement et de la coordination entre les différents secteurs ministériels, la conjugaison des efforts, la consolidation des pratiques éducatives et la formation initiale et continue, ainsi que l’accélération de l’intégration des enfants en situation difficile et la facilitation de leur accès à l’enseignement primaire, à travers la mise en œuvre des mécanismes de l’éducation inclusive et le recrutement des cadres formés spécialement en éducation inclusive.