Discours du Trône: qui sont ces "négativistes" et "nihilistes" mentionnés par le roi ?

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Capture d'écran.

Dans son discours du Trône porté essentiellement sur l’aspect social, le roi Mohammed VI a fait allusion à des « négativistes » et « nihilistes » qui essaient d’influencer les Marocains. Mais qui sont-ils? Des politologues marocains en dévoilent ici l’identité.
Le roi Mohammed VI a encore une fois mis les responsables face à leurs devoirs. Une critique qu’il a voulu constructive visant à relancer le développement du pays. D’autre part, le souverain a mis le peuple en garde contre les perturbateurs, ceux qu’ils a désignés comme « négativistes » et « nihilistes »: « Je suis persuadé qu’ils (les Marocains, ndlr) ne permettront pas aux négativistes, aux nihilistes et autres marchands d’illusions d’user du prétexte de certains dysfonctionnements, pour attenter à la sécurité et à la stabilité du Maroc ou pour déprécier ses acquis et ses réalisations », extrait du discours du Trône du dimanche 29 juillet 2018. Mais à qui le roi fait-il référence?

Bilal Talidi, politologue et chercheur au Centre marocain des études et des recherches contemporaines (CMERC).

Selon le politologue Bilal Talidi, « il est exclu que le souverain ait fait référence au hirak du Rif. D’abord, parce qu’il s’adresse aux Marocains depuis la ville d’Al Hoceima, ensuite, il a parlé de l’unité et de la solidarité et surtout que le contenu du discours est une réponse aux conditions du Rif. A mon avis, les principaux concernés sont les courants qui ont surfé sur la vague du Irak, notamment la Jamaâ d’Al Adl wal Ihssane et Annahj addimocrati. Ce sont ceux-là qui ont pris les devants de la scène des manifestations suite à l’annonce des verdicts dans le procès des détenus du Hirak, le mois dernier ».
Aziz Chair, politologue, docteur en sciences politiques et professeur universitaire à l’ Institut royal de formation des cadres.

Pour sa part, le politologue Aziz Chahir évoque un discours inquisitoire où le souverain est intransigeant en ce qui concerne la responsabilité des politiques ainsi qu’envers des forces qu’il évite de nommer. « Ceux-ci seraient les radicalisés et extrême-gauchistes. Il a ainsi choisi de faire référence de manière intelligente aux nihilistes et négativistes avec un éventail large englobant les courants ou personnes qui manifestent leurs positions vis-vis de la monarchie. A mon avis, le souverain pointe du doigt, les leaders du Parti socialiste unifié, Nabila Mounib et Omar Balafrej, qui appellent à une monarchie parlementaire, ainsi que le pjdiste Abdelali Hami Eddine dont les derniers propos à l’égard de la monarchie ont provoqué un tollé. Mais les supposés concernés par le roi sont aussi le courant d’Al Adl wa Al Ihssane aisni que les séparatistes du Polisario », analyse Aziz Chahir.