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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le roi Mohammed VI a vertement critiqué l’administration publique et les partis politiques lors de son discours prononcé ce samedi à l’occasion de la fête du Trône, louant par la même occasion le secteur privé et son efficacité.

    Jamais le roi Mohammed VI n’a eu de mots aussi durs à l’égard des fonctionnaires. Le monarque n’a pas fait dans la dentelle en évoquant, hier dans son discours du Trône, «la plupart d’entre eux» qui «manquent de compétences et d’ambition et n’ont pas toujours des motivations liées au sens des responsabilités, liées à leur mission». «Mieux encore, certains d’entre eux pratiquent l’absentéisme, se satisfaisant d’un traitement mensuel sûr, pour modique qu’il soit, ne manifestant aucune ardeur au travail et ne nourrissant aucune ambition professionnelle», a-t-il ajouté.

    Certes, ce n’est pas première fois que Mohammed VI critique l’administration publique -le roi avait consacré son discours d’ouverture de la précédente session d’automne du parlement aux défaillances de la fonction publique- mais c’est bien la première fois qu’il oppose dans des termes aussi clairs la «faiblesse de l’administration publique, en termes de gouvernance, d’efficience ou de qualité des prestations offertes aux citoyens» à «efficience et compétitivité» d’un secteur privé qui bénéficie d’«un modèle de gestion organisé autour des notions de suivi, de contrôle et d’incitation».

    Le roi a cité, comme exemple de défaillance du secteur public, l’inefficience des «centres régionaux d’investissement», qui constitue selon lui «un problème et un frein au processus d’investissement». Le monarque reproche aux CRI de ne pas suffisamment inciter l’investissement et l’épanouissement du secteur privé. «Ils ne jouent pas leur rôle de mécanisme incitatif; eux qui ont, en principe, vocation à régler les problèmes qui se posent régionalement aux investisseurs», a-t-il déploré.

    À travers son discours, le souverain a clarifié sa doctrine économique. Une doctrine libérale, basé sur un secteur privé fort et sur l’attractivité des gros investisseurs industriels, surtout étrangers. Dès le début de son discours, Mohammed VI s’est félicité de la «confiance de grands investisseurs comme Boeing, Renault et Peugeot», gage pour lui de la «grande crédibilité» dont jouit le Maroc «à l’échelle continentale et internationale».

    Un libéralisme économique qui a son pendant politique. Ce dernier a été mis en exergue lorsque Mohammed VI évoqua la réussite «dans la mise en œuvre de nombreux plans sectoriels comme ceux de l’agriculture, de l’industrie et des énergies renouvelables». Des départements gérés par des ministres que l’on peut qualifier de technocrates et qui jouissent de la confiance du roi: Aziz Akhannouch pour l’agriculture et Moulay Hafid Elalamy pour l’industrie et les énergies renouvelables.

    Pour Mohammed VI, «sans un changement des mentalités, sans une administration dotée des meilleurs cadres, sans partis politiques faisant appel aux élites les plus qualifiées pour la gestion des affaires publiques», le Maroc n’avancera pas dans le chemin du développement. Un message ferme à destination des décideurs économiques et politiques du pays, à commencer par le chef de gouvernement Saâdedine El Othmani qui devra désormais adapter sa feuille de route selon les trois axes longuement développés par le souverain: libéralisme économique, technocratie politique, compétitivité de la fonction publique…

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