La direction du PJD ne veut pas d’un 3e mandat pour Benkirane

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En l’absence d’Abdelilah Benkirane, le Secrétariat général a voté contre un 3e mandat pour l’actuel patron du parti. Une décision qui va certainement enfoncer le parti de la lampe dans la crise à quelques semaines de son congrès national.

La crise bat son plein chez les islamistes du Parti de la Justice et du Développement (PJD). Samedi 11 novembre, la majorité des membres du Secrétariat général de la formation de la lampe ont voté contre un 3e mandat pour Abdelilah Benkirane à la tête du parti, rapporte le quotidien Akhbar Alyaoum24 dans son édition du 15 novembre.

Les opposants de Benkirane, absent à cette réunion, ont remporté le vote avec 3 voix d’écart. Le courant anti-Benkirane au sein du PJD, qualifié de « courant des ministres », est mené par le nouvel adversaire de Benkirane Mustapha Ramid et le ministre Aziz Rabbah. Les deux hommes ont déjà exprimé leur opposition au prolongement pour l’actuel patron du parti.

Le 15 octobre dernier, les membres de la Commission des règlements et des procédures du PJD ont voté à 22 voix contre 10, pour l’amendement de l’article 16 du règlement interne du parti en vue de déverrouiller la limitation des mandats du secrétaire général, et ouvrir la porte à un 3e mandat à l’actuel secrétaire général du parti.

Le vote du Secrétariat général isole davantage Abdelilah Benkirane au sein du secrétariat général du parti, mais n’aura aucun impact sur la décision prise par la Commission des règlements et des procédures du PJD. Les opposants de Benkirane devraient attendre le prochain Conseil national (parlement du parti) prévu le 25 novembre prochain, pour y ouvrir le débat sur le prolongement pour un 3e mandat.

La tenue du Congrès national du PJD est prévue pour la deuxième semaine de décembre.

La bataille au sein du PJD dépasse aujourd’hui les simples échanges verbaux sur les médias et les réseaux sociaux et atterrit au sein des appareils du parti. La tension actuelle pourrait mener les héritiers d’Abdelkarim El Khatib vers l’implosion et provoquer de virulentes batailles internes, alors que le Congrès national s’approche à grands pas.

Si Abdelilah Benkirane est toujours soutenu par les bases du parti, ses députés et ses conseillers locaux, les rapports de force pourraient changer dans les semaines qui viennent si les opposants de l’ancien chef du gouvernement arrivent à convaincre les militants du parti, à l’image du retournement de situation qu’a connu le Parti de l’Istiqlal il y a quelques semaines, avec la descente aux enfers de Hamid Chabat, qui dans un passé très récent dominait sa formation.