Diapo-vidéo. Drame de Zenata: les dessous d’une tragédie

Deux semaines après le naufrage de Zenata, qui a couté la vie à 21 personnes, la tempête s’est enfin calmée. Sur place, la situation reste tendue et plusieurs habitants et témoins sont en colère contre des femmes de la région qui ont profité du drame pour obtenir de la nourriture et de l’argent. Les détails.

La tragédie de Zenata a secoué tout le royaume. Un drame qui pose de nombreuses questions à commencer par le choix de cette zone pas réputée pour le hrig . Qu’est ce qui a poussé les victimes à s’aventurer au large de cette plage très éloignée de l’Europe ?

Sur place, l’ambiance est tendue dans la plage. La tempête s’est calmée au bout d’une semaine. « Les familles des victimes affluaient sur les lieux pour attendre les corps de leurs proches, mais elles ont fini par perdre espoir après le repêchage de 21 cadavres », nous indique le gardien de la plage de Zenata qui était l’un des premiers témoins du drame.

« Je suis venu tôt le matin et j’étais surpris par le nombre de policiers, de gendarmes et les membres de la protection civile sur la plage. Je me suis approché pour voir ce qui se passait et j’ai aperçu qu’ils sortaient un zodiaque de l’eau. Il a fallu que peu de temps pour que les journalistes débarquent sur les lieux. Les habitants de la région étaient sous le choc, surtout que Zenata et ses environs ne sont pas connus pour l’immigration clandestine », indique le gardien.

Et d’ajouter: « Ils ne comptaient sûrement pas parcourir tout le trajet vers l’Espagne contrairement à ce pensent les gens ici. C’est impossible!. Les cerveaux de l’opération prévoyaient certainement d’aller au nord et de continuer l’opération sur une autre embarcation. »

Le gardien nous a par ailleurs indiqué que plusieurs corps ont été repêchés dans les plages environnantes. Cela a poussé les familles des victimes à s’installer dans la plage de Nahla juste à côté, où les derniers cadavres ont été retrouvés.

« Ils surfent sur la vague de la mort »

Sur la plage de Nahia, des employés de la commune nous signalent que plusieurs femmes de la région ont profité du drame pour se faire de l’argent.

« Après le repêchage de plusieurs corps ici à Nahla, plusieurs familles des victimes sont venues s’installer dans la plage dans l’espoir de retrouver le corps de leurs proches. Elles étaient nourries et logées dans une salle de fête en face de la plage », nous indique l’une des personnes interrogées.

Avant d’ajouter: « Elles recevaient des aides financières et alimentaires de la part de plusieurs bienfaiteurs. L’attente a duré très longtemps et elles ont fini par partir. Toutefois, des femmes de la région ont tiré profit de l’occasion et se sont fait passer pour des membres de la famille des victimes. Ces dernières ont réussi à déjouer l’attention de plusieurs responsables ici et récolter beaucoup d’argent. C’est vraiment honteux. »

Un coupable tombe dans les filets de la police

Les premiers éléments de l’enquête ont démontré que trois individus étaient derrière ce drame. L’un d’eux a été arrêté en flagrant délit à Larache alors qu’il tentait de lancer une nouvelle opération de «Hrig» (migration clandestine) dans les environs de la ville. Les forces de l’ordre une réussi in extremis à avorter cette opération.

L’homme en question a avoué aux forces de l’ordre qu’il n’était pas le seul cerveau de ces opérations. Deux autres complices sont toujours en cavale. Enfin, la plaque d’immatriculation du véhicule qui a transporté les candidats à l’immigration de Kenitra à Larache pour cette opération appartenait à une agence de location de voitures de Tanger.

La police qui s’est rendue sur les lieux a pu obtenir une copie de la CIN de l’un des deux individus en fuite. Les investigations ont aussi démontré que ce dernier fait déjà objet de 13 mandats de recherche nationaux pour émission de chèques sans provision, fraude et escroquerie.

Il est activement recherché par les éléments de la gendarmerie et de la police judiciaire dans tout le royaume.

Rappelons que la tragédie de Zenata, qui a eu lieu le 18 septembre dernier dans la plage de Zenata à la commune de Ain Harouda, avait coûté la vie plusieurs personnes.

Seuls 21 corps ont été repêchés, pour l’instant, sur les cinquantaines de migrants embarqués. À noter que certains d’entre eux auraient pris la fuite avant l’embarquement, selon plusieurs témoignages.