Diapo-Vidéo. Conditions de vie en milieu carcéral: le point du CNDH et de la DGAPR

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Mohamed Saleh Tamek, délégué général de la DGAPR (à gauche), Driss El Yazami, président du CNDH (à droite). Crédits photo : Abdellah Ouardirhi.

Une réunion d’étude, portant sur l’état d’avancement des recommandations concernant les droits des détenus et du corps pénitencier, a été tenue à Rabat, le 31 octobre, par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR).

Etaient présents à cette réunion, Driss El Yazami, président du CNDH, Mohamed Saleh Tamek, délégué général de la DGAPR, Mohamed Essabar, secrétaire général du CNDH et Moulay Driss Aguelmam, directeur responsable de la sécurité et la sûreté des détenus et des établissements carcéraux à la DGAPR. A leurs côtés, des représentants de la société civile et de différents ministères, notamment de l’Intérieur, de la Culture et de la Communication, de la Santé ainsi que de l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT).

L’objet de la rencontre était de faire le point sur l’état d’avancement des recommandations présentées par le CNDH en octobre 2012 sous le thème «la crise des prisons, une responsabilité partagée: 100 recommandations pour la protection des droits des détenu(e)s ».

Driss El Yazami a indiqué, qu’en 2016, le taux de la population carcérale au sein des différentes prisons du royaume était constitué à 42% de détenus en attente de jugement. Il a déclaré que ce taux d’incarcération est inacceptable du fait de l’impact négatif qu’il génère, que ce soit pour les détenus ou pour l’ensemble du corps pénitencier.

Selon Mohamed Saleh Tamek, le nombre de prisonniers dans le royaume est passé de 68.000 individus en 2012, à 82.400 détenus en septembre 2017. Afin d’éviter la surpopulation des prisons, le président du CNDH a appelé le gouvernement à accélérer l’adoption du projet, présenté le 7 octobre 2017, des peines alternatives.

Amélioration du milieu carcéral

Le délégué général de la DGAPR a insisté sur les différentes améliorations apportées dans le milieu carcéral du Maroc. Il a indiqué que 16 nouvelles institutions ont été ouvertes ces cinq dernières années, précisant que 11 établissements, qui ne répondaient pas aux critères de sécurité et de sûreté, ont été fermés, notamment à Marrakech, Inezgane et Fès. La prison locale de Salé 1 subira le même sort à la fin de cette année. Par ailleurs, il a précisé que pour améliorer les conditions des détenus, l’espace des cellules est passé de 1,62 m² à 1,83 m². La capacité d’accueil des nouvelles cellules a été limité à 8 lits afin de limiter l’encombrement.

La qualité de l’alimentation des détenus a été revue également améliorée et confiée à une société privée de restauration. Cette décision intervient après l’interdiction de l’entrée des paniers de repas lors des visites.

Concernant la santé des prisonniers, le corps médical a été porté à 74 %, soit un médecin par 820 prisonniers, un dentiste par 1.381 prisonniers et un infirmier par 162 prisonniers.

Le délégué général de la DGAPR a indiqué qu’un guide du prisonnier a été réalisé afin de faire connaitre aux prisonniers leurs droits et obligations durant leur incarcération. Tamek a indiqué que ce guide est disponible dans cinq langues et même dans une version audio pour les prisonniers analphabètes.

 

Par ailleurs, le personnel des prisons a pour sa part bénéficié de nombreuses formations aux bonnes pratiques de traitements des détenus et de gestion des établissements pénitentiaires.