Des victimes de viol brisent le silence grâce au mouvement #Masaktach

504
DR.

Il semblerait que le mouvement #metoo au Maroc ait pris une nouvelle dimension avec les témoignages de près d’une dizaine de victimes, soutenues dans leur démarche par le collectif Masaktach.

Le mouvement #Masaktach au Maroc, lancé depuis 2017 prend de plus en plus d’ampleur, après l’appel à témoignages lancé il y a à peine quelques jours. Sur Facebook et Twitter, le collectif a annoncé mettre à disposition des victimes un espace pour «libérer leur parole», tout en conservant leur anonymat.

C’est désormais chose faite, grâce aux courageux témoignages de femmes et jeunes filles qui dénoncent leurs agresseurs, encourageons d’autres à briser le silence.

Des témoignages glaçants de victimes affirmant que leur vie leur a été volée par des agresseurs qui courent toujours. C’est le cas de K.M qui confie avoir été violée deux fois au cours de sa vie. «Le premier a violé mon innocence le deuxième ma confiance en l’humain. Ils ont en commun d’avoir meurtri mon corps. Blessé mon âme et perturbé mon esprit», témoigne-t-elle.

Des vies détruites et des agresseurs en liberté

«J’avais 12 ans il en avait 18, il était mon cousin germain, nos parents étaient sortis dîner car nous étions tous très proches. On regardait la télé : il a volé toutes mes premières fois et il a dévié ma vie», écrit une autre affirmant que «(sa) peine est invisible parfois à (ses) propres yeux car rien dans (sa) vie n’est adaptée à cet handicap mental qu’(elle) soigne face à l’incompréhension de tous et la (sienne)».

«Mon violeur a pour initiales AS. Sa famille possède l’un des plus grands groupes immobiliers du pays (…) en plus de m’avoir volé toutes mes premières fois, il m’a profondément détruite (…) Aujourd’hui j’ai 25ans je garde des séquelles de cette époque (…) J’espère que j’aurai le courage d’en parler à visage découvert un jour», aspire une autre victime.

Le collectif, qui publie uniquement les initiales des agresseurs et des victimes, va encore plus loin et propose de mettre en relation les victimes d’un même agresseur. Un pas en avant pouvant non seulement faire sortir les victimes de leur solitude, mais qui pourrait éventuellement encourager d’autres à avoir recours à la justice.