Des toxines dans les produits laitiers

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Une étude scientifique révèle la présence d’une toxine dangereuse dans l’offre de produits laitiers au Maroc. 

13,4% des 67 échantillons de lait liquide (46 pasteurisés et 21 UHT) analysés au cours de cette étude ont été déclarés positivement contaminés par l’aflatoxine M1 (AFM1), lit-on ce jour dans L’Economiste. Réalisée par le Laboratoire de biotechnologies marines et de l’environnement (Biomare) de l’Université Chouaib Doukkali et le département des sciences biologiques et pharmaceutiques de l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV), l’étude se base sur des prélèvements issus de points de vente de quatre villes marocaines: Casablanca, El Jadida, Fès et Meknès.

Sur les 67 échantillons, le lait pasteurisé semble plus touché puisque 7 d’entre eux (15,2%) contenaient de l’AFM1 à des niveaux de 10 à 77 ng/L. L’OMS a averti que les aflatoxines sont potentiellement cancérogènes et peuvent réduire la résistance aux agents infectieux. L’AFM1 qui fait l’objet de cette étude peut se retrouver dans le lait, les produits laitiers, mais aussi le lait maternel.

Différents pays du monde ont défini des réglementations pour limiter la présence de cette toxine dans les produits laitiers. Le Codex Alimentarius (normes alimentaires internationales) et la FDA américaine limitent cette toxine dans le lait à 500 ng/kg; dans l’Union européenne 50 ng/L pour le lait liquide et 25 ng/kg pour les préparations pour nourrissons et aliments diététiques.

 

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Du côté marocain, l’AFM1 ne doit pas dépasser 50 ng/kg pour le lait cru, l’UHT et le lait destiné à la fabrication de produits laitiers et à 25 ng/kg dans les préparations pour nourrissons et les aliments diététiques. « Cette enquête a révélé qu’un seul échantillon de lait pasteurisé (77 ng/L) dépassait la limite européenne (50 ng/L) et que 100% des échantillons analysés étaient inférieurs aux normes Codex Alimentarius (500 ng/kg) », expliquent les chercheurs qui concluent alors que « les risques pour les consommateurs adultes sont faibles à modérés ».

La production des aflatoxines pourrait être favorisé au Maghreb à cause d’un climat chaud propice à la croissance des champignons dans lesquels germent ces toxines. Toutefois, le Maroc semble mieux loti que ces voisins algérien et tunisien, souligne le média. Publiée en 2020, une recherche algérienne dévoile une contamination globale du lait élevée à 46,43% pour des niveaux d’AFM1 compris entre 95,6 et 557,2 ng/L, et une concentration moyenne d’AFM1 de 71,92 ng/L. En Tunisie, 60,7% des échantillons de lait comportent de l’AFM1, dont 4,4% dépassent la limite de 50 ng/L.