Des centaines de migrants forcent le mur de Sebta

Environ 500 migrants venus d'Afrique subsaharienne ont pénétré vendredi dans l'enclave, en franchissant une clôture haute de six mètres.
Une clôture de 8 kilomètres de long
L'enclave de Ceuta est entourée depuis le milieu des années 2000 par une double clôture grillagée de huit kilomètres de long et haute de six mètres. La dernière tentative d'entrée collective remonte à la nuit du Nouvel an, quand un millier de migrants, des Subsahariens pour la plupart, avaient essayé de franchir le mur grillagé de six mètres entourant l'enclave, une entreprise périlleuse où certains se blessent souvent. Mais l'attaque s'était soldée par un échec. Lors d'un assaut similaire, le 9 décembre, près de 400 migrants avaient escaladé cette même barrière. Ceuta et Melilla, les enclaves espagnoles au Maroc, sont les deux seules frontières terrestres séparant l'Union européenne de l'Afrique.
 
Menaces marocaines
Le mouvement de vendredi a éclaté en pleine crise entre le Maroc et l'Union européenne. Dans un arbitrage rendu fin 2016, la Cour de justice européenne a décidé que le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée par Rabat, n'était pas concerné par l'accord agricole entre l'UE et le royaume marocain, son statut n'ayant pas été arrêté par la communauté internationale. Depuis lors, des associations qui soutiennent le Front Polisario, qui réclame l'indépendance du Sahara occidental, contestent des opérations commerciales entre le Maroc et des pays européens, concernant des produits venus du Sahara.
Le ministère marocain de l'Agriculture avait prévenu le 6 février que l'Europe s'exposait à un «véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d'un effort soutenu, a réussi à gérer et à contenir».
«Il faut maintenant que les choses soient claires, sincères, sur l'avenir que nous voulons développer entre le Maroc et l'UE», avait déclaré début février à l'AFP le ministre de l'Agriculture et de la pêche marocain, Aziz Akhannouch.
 
«Nous avons un contrat commercial de libre-échange, un partenariat gagnant-gagnant (...). Malheureusement, il y a des zones d'incertitude», avait déploré Akhannouch. Interrogé mercredi par l'AFP sur les relations de Madrid avec le Maroc et la dépendance de l'Espagne sur les questions migratoires, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a assuré que les relations entre les deux royaumes étaient excellentes. «Le Maroc ne nous a jamais fait de chantage, jamais», a-t-il déclaré. «Nous avons une relation magnifique... dans la lutte contre les mafias (...), contre le terrorisme», «nous collaborons dans de nombreux domaines», avait-il insisté.