De mystérieuses revendications pour la décolonisation de Melilla refont surface

De mystérieux messages ont été envoyés récemment aux agents des forces de l’ordre espagnols à Melilla. Si aucun groupuscule ne les a revendiqués, tous les regards semblent se tourner vers le fameux Comité de coordination pour la libération de Melilla occupée.  

«Comité de coordination pour la libération de Melilla: A bas la colonisation espagnole. Melilla est une ville marocaine. Nous sommes tous derrière sa majesté le roi Mohammed VI». C’est le message inscrit sur un ballon gonflable, rapidement réceptionné par les autorités de la ville.

L’image a été partagée par le Syndicat unifié de la police de Melilla qui précise: «Aujourd’hui, le poste-frontière de Farhana est fermé par le Maroc, mais il y a un problème plus grave, celui de ces revendications qui remettent en question le caractère espagnol de Melilla».

 

 

Dans une déclaration au média espagnol El Publico, le porte-parole de Syndicat, Jesús Ruiz, précise que ce ne sont pas les premiers incidents de ce genre qui se produisent. Il évoque des pancartes, sur lesquelles apparait un texte similaire qui avait été hissé en janvier devant la frontière de Melilla.

Revendications étouffées

L’agent espagnol affirme que «ce sont des citoyens marocains qui profitent de la fermeture du passage frontalier par le Maroc pour lancer des ballons contenant des messages revendicatifs». Et de préciser: «Nous savons qui est le responsable, mais nous préfèrons ne pas divulguer son nom».

Le présumé coupable selon l’agent est celui qui a longtemps était à la tête du «Comité de coordination pour la libération de Melilla», Said Chramti. Bien que son comité ait été dissous en 2014, ce Marocain est toujours actif, notamment en tant que président de l’Association Grand Rif des droits de l’homme.

Said Chramti est assez connu en Espagne, pays qui l’avait même poursuivi pour ses actions hostiles au gouvernement de Melilla durant plusieurs années. Ce Marocain avait effectué plusieurs sorties fortement médiatisées depuis 2007, date à laquelle ce comité avait été créé.

 

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L’évènement le plus marquant a été sans doute le vol, en 2012, d’un bras de la statue à l’effigie de Pedro de Estopiñán, appelé par nos voisins ibériques «Le conquérant de Melilla». Le bout de la statuette n’a été rendu qu’en juillet 2013 en «signe d’affection et de sympathie pour le chef d’Etat espagnol», se référant à Juan Carlos I qui rendait visite au roi Mohammed VI, rappelle El Publico.

Said Chramti avait avoué le vol, en 2012, d’un bras de la statue à l’effigie de Pedro de Estopiñán, appelé par nos voisins ibériques «Le conquérant de Melilla».DR

Aujourd’hui, Said Chramti nie être à l’origine de ces messages et dénonce «un montage reprenant un texte vieux de six ans». Il continue néanmoins d’affirmer que «ce sont des territoires occupés qui doivent être décolonisés. A l’avenir, ce seront des villes marocaines», assure t-il.