Dattes: seulement 3 kg consommés par an et par Marocain

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En moyenne, chaque Marocain consomme 3 kg de dattes par an. Avec une production annuelle de 14.000 tonnes, le royaume se place à la 12e place mondiale.

A quelques jours du début du mois sacré, les Marocains achètent les aliments indispensables à la table du ftour. Parmi ceux-là, les dattes, avec lesquelles le jeûne est traditionnellement rompu. La consommation de dattes au Maroc est qualifié de saisonnière, en particulier chez les urbains (Ramadan, Achoura, mariages…), lit-on dans l’édition du jour du quotidien L’Economiste.

« Avec une moyenne de 3kg par an et par habitant, on est loin des autres pays producteurs qui dépasse les 10 kg/an/habitant », affirme Mounir Khalil, DG de Too-more, spécialisée dans la datte de luxe labellisée made in Morocco. Même si le royaume est connu internationalement pour ses dattes de qualité, il n’en produit que 14.000 tonnes (12e producteur mondial) et en importe 40.000 à 50.000 tonnes.

« C’est assez navrant que la datte, considérée par les nutritionnistes comme fruit-médicament, ne soit pas encore ancrée dans les habitudes de consommation quotidienne chez les Marocains », regrette le DG de Too-more.

 

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« L’offre de cette année est assez abondante vu la production record de l’actuelle campagne et la mévente de la précédente causée par la pandémie », poursuit le professionnel qui observe une grande élasticité des prix due aux écarts de qualité suivant les variétés et l’origine.

30 dirhams le kilo de dattes importées

Le royaume présente en effet des variétés très prisées à travers le monde, à l’image de la datte Majhoul, surnommée la « Rolls Royce » des dattes. A ses côtés, on trouve des variétés typiquement locales comme Aziza, Boufegouss ou Nejda. Les prix pour ces catégories démarrent à partir de 50 dirhams le kilo. Un prix élevé en comparaison aux variétés importées telles que la Deglet Nour (Algérie, Tunisie) et la Sukkari (Arabie saoudite, Emirats arabes unis).

Au regard de l’offre importante de ces produits et les accords commerciaux liant les pays précités au Maroc, leurs dattes se vendent ici à partir de 30 dirhams le kilo, un prix plus avantageux pour le consommateur marocain, au détriment de la production nationale.

Point positif, le plan Maroc Vert a donné de bons résultats concernant la filière du palmier dattier. Elle est devenue florissante grâce à des investissements à hauteur de 8 milliards de dirhams et la plantation de plus de 3 millions de pieds pour atteindre une surface de 65.000 hectares, indique le quotidien, soit une source de revenus à 2 millions de personnes.

La modernisation des conduites des cultures, d’Indices géographiques protégés et les nouvelles unités de valorisation et de stockage ont permis également de « rehausser la qualité de la production nationale qu’on prévoit à 185.000 tonnes à l’horizon 2030 », assure Mounir Khalil.