Dar Bouazza: les écoles de surf rasées n’avaient pas les bonnes autorisations

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Mercredi 17 mars, plusieurs écoles de surf de la plage de Dar Bouazza ont été rasées sur ordre des autorités. Raison de cet événement qui a choqué les habitants: l’absence d’autorisations nécessaires, contrairement à ce que les gérants expulsés pouvaient affirmer.

17 kiosques, cafés et écoles de surf à Dar Bouazza ont été rasés mercredi 17 mars dernier car les gérants ne disposaient pas d’autorisations du ministère de l’Equipement, rapporte Médias24 selon les informations d’un responsable au niveau du Grand Casablanca requérant l’anonymat. Les gérants disposaient uniquement « d’autorisation temporaire accordée verbalement par les responsables de Dar Bouazza », alors que la commune n’est pas habilitée à donner des autorisations d’occupation du domaine public maritime, explique le média.

Les exploitants étaient ainsi simplement « tolérés » par la commune. «Les autorisations sont délivrées par le ministère de l’Equipement et comme votre interlocuteur n’en a absolument pas parlé, il est évident que ni lui ni les autres exploitants d’espace commercial ne disposaient de cette autorisation qui permet d’occuper légalement une partie du domaine maritime », déduit le responsable auprès de nos confrères. De plus, les gérants avaient « pris leurs aises » et s’étaient « progressivement étalés sur un espace public protégé ».

Cet événement intervient dans un contexte où le gouvernement s’attèle à mettre de l’ordre dans ce domaine. En effet, le Conseil de gouvernement a adopté jeudi dernier le projet de loi n°03.19 relatif aux occupations temporaires du domaine public, dans sa nouvelle version, en prenant en compte les observations soulevées à son sujet.

 

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Présenté par le ministre de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, ce projet vise à assurer la protection nécessaire du domaine public et à mettre en place des règles qui prennent en compte les spécificités de ces biens. Le but étant d’optimiser et rationaliser l’occupation, en édictant des mesures de protection contre toutes sortes d’occupation illégale qui ne sont pas adaptées aux fins pour lesquelles elles sont autorisées.

A ce propos, le responsable urbain justifie également la démolition des espaces par « la multiplication d’actes licencieux qui se passaient dès que la nuit tombait dans cette zone côtière »: « En effet, il n’est pas exagéré de dire qu’à partir d’une certaine heure, cet endroit effectivement très calme et sécurisé la journée se transformait en un véritable coupe-gorge avec de la prostitution et des fêtes alcoolisées à l’origine de plusieurs troubles qui remettaient en cause la quiétude des habitants ».

Sans compter les pratiques dignes « d’une véritable mafia » selon lesquelles certains exploitants s’étalaient « très loin des limites de leur commerce » afin de soutirer de l’argent aux visiteurs pour un espace auquel ils ont droit d’accéder gratuitement. «Il fallait payer 50 dirhams pour une famille de 4 personnes sans aucun service rendu en dehors de pouvoir admirer le coucher de soleil de Dar Bouazza», s’indigne la source.

 

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Enfin, les démolitions du mercredi 17 mars s’inscrivent également dans le contexte de la mise à niveau du littoral de la région du Grand Casablanca dont la convention avait été signée le 26 septembre 2014, et qui prévoit l’aménagement des corniches de Dar Bouazza, Aïn Diab, Aïn Sebaâ et de Mohammédia. Une partie du programme a été finalisée tandis que l’autre, dont celle de Dar Bouazza, est toujours en cours.

Des espaces ludiques et de loisirs tels que des écoles de surf seront compris dans le cadre de cette politique de réaménagement de la corniche de Dar Bouazza. Certains « exploitants sérieux » pourront ainsi retrouver une activité à cet endroit. «Sachant que Dar Bouazza est un spot international de surf, des endroits seront bien évidemment prévus pour accueillir des centres d’apprentissage mais qui soient dirigés par des vrais professionnels », affirme le responsable.

Le projet de loi adopté prévoit d’ailleurs des règles transitoires relatives aux occupants dans le cadre du Dahir de 1918 en vue d’adapter leur situation aux nouveautés de ce texte.