Le SOS des producteurs de films pour sauver le cinéma au Maroc

à 9:00

La Chambre marocaine des producteurs de films a lancé un appel pour un "Plan de sauvetage du cinéma" pour faire face à l'état de "délabrement" du paysage cinématographique sur plus d’une décennie.
Le constat a été établi à l’occasion de la Journée nationale du Cinéma, indique mercredi un communiqué de la chambre. Dans son mémorandum, la CMPF déclare que le secteur cinématographique, dont le modèle économique "n’est plus viable", a besoin "d’un véritable Plan de sauvetage comprenant des mesures d’incitation adaptées et multidimensionnelles pour le renouveau de l’industrie cinématographique, pour la professionnalisation, la reconnaissance de la place de l’artiste, la formation, l’accueil des jeunes talents et l’égalité des chances". 

Ce plan devrait comprendre "la réécriture de la loi 20/99" et aller "au-delà" pour l’élaboration "d’un Code du cinéma et de l’audiovisuel répondant aux évolutions constitutionnelles, sociales et technologiques", ajoute la CMPF qui appelle tous les professionnels à se regrouper dans une "Coordination nationale pour mener une réflexion commune dans l’élaboration du Plan de sauvetage et pour rédiger le Code du cinéma et de l’audiovisuel, bien au-delà d’un simple replâtrage de la loi 20/99".

Cet appel intervient suite à la Journée nationale du cinéma, organisée par le Centre cinématographique marocain (CCM), le 21 octobre à la Cinémathèque Marocaine et qui a été l’occasion d’échanges fructueux entre professionnels, indique le communiqué.

A cette occasion, le Directeur du CCM, qui a précisé "très justement le contexte dans lequel cette journée a lieu, a souligné l’urgence et la nécessité de révision de la loi 20/99 relative à l’organisation de l’industrie cinématographique par les professionnels eux-mêmes", relève la CMPF. 

De leur côté, les producteurs, réalisateurs, techniciens, distributeurs, exploitants, critiques, artistes, organisateurs de festivals, de ciné-clubs, qui se sont succédé à la tribune, ont exprimé librement leurs préoccupations à titre individuel ou collectif et ont "unanimement déploré l’état de délabrement du paysage cinématographique après plus d’une décennie de d’ignorance des vrais enjeux", rapporte la même source. 

"Le résultat aujourd’hui est l’état de crise à tous les niveaux de la chaîne cinématographique: dans les salles, dans la distribution, dans la qualité des films, dans la précarité des métiers, dans la lourdeur des démarches administratives et des autorisations, dans le dysfonctionnement du Fonds de Soutien, dans la promotion et la visibilité de la production cinématographique aussi bien au niveau national qu’à l’international", constate la Chambre. 

Devant cet état du secteur, la CMPF exhorte à "placer la vision d’ensemble ambitieuse et homogène comme guide de notre politique cinématographique", appelant les professionnels à "prendre un rôle décisionnaire dans l’élaboration des textes, dans leur application, dans l’organisation du secteur, dans les définitions des métiers, dans la réforme et l’organisation du service public à travers le CCM".