Covid dans la région de Rabat-Salé-Kénitra: des chiffres qui inquiètent

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En deuxième position depuis plusieurs semaines, la région de Rabat-Salé-Kénitra affiche une hausse constante des cas de contaminations au Covid-19. Si des mesures de restrictions sont imposées dans ces villes, la capitale échappe à la règle et enregistre un nombre de cas quasi immobiles, semant le doute sur la véracité des chiffres.

Les cas dans la région de Rabat arrivent en deuxième position au niveau national, juste après la région de Casablanca-Settat. Dans la province de Kénitra, où les chiffres explosent, des mesures de restrictions sont pourtant imposés depuis plusieurs mois.

Pourtant, les chiffres dans la région ne baissent pas et ont parfois même surpassé (le 16 novembre notamment) le nombre de contaminations dans la région de Casablanca. Contacté par H24 Info, Dr Rachid Choukri, Président d’honneur du syndicat national des médecins généralistes nous explique que «les chiffres suivent une évolution logique».

«Cette hausse vient d’un relâchement observé depuis le déconfinement qui lui-même a été mal organisé», explique le médecin, soulignant qu’après «un été festif, où les gens ne se sont pas privés d’aller à la plage, d’organiser des baptêmes et même des mariages, il était évident que nous aurions une hausse des cas».

«Refus d’aller à l’hôpital»

Mais bien que dans les villes de Salé et Kénitra les chiffres explosent, les cas de contaminations dans la capitale se situent toujours aux alentours de 80 à 100 cas. Un cas qui rappelle celui de la ville de Fès, où les chiffres avaient laissé place à la polémique et à la consternation des professionnels de la santé. Dr Tariq Sqalli Houssaini remettait d’ailleurs en cause ces chiffres qui ne pouvaient être véridiques, selon lui.

 

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Dr Choukri partage cet avis et estime que le seul chiffre à prendre en considération est celui des morts. Le médecin qui a reçu plusieurs cas symptomatiques du Covid affirme que bien qu’il préconise à ses patients d’aller effectuer le test de dépistage «plusieurs refusent encore de se plier à cette mesure et pas seulement à Rabat»

«Les gens à Rabat, surtout à Hay Riad, le quartier où j’ai mon cabinet, ne veulent pas se rendre à l’hôpital public. D’ailleurs même quand je prescris le protocole médical, certains refusent de se rendre aux dispensaires dans les hôpitaux publics pour récupérer leur dose d’hydroxychloroquine», poursuit le médecin.

De plus, le médecin souligne que «le nombre de tests effectués au niveau national a baissé ces dernières semaines, passant de 24.000 tests quotidiens à seulement 18.000, ce qui ne permettrait pas de dépister tous les cas porteurs du virus».

«Si le nombre quotidien de tests PCR a franchi la barre des 25.000/jour du 8 au 10 Octobre 2020, il a connu par la suite une baisse substantielle (…) Et pourtant, ce ne sont pas les indications qui manquent, ni les laboratoires capables de réaliser les tests RT-PCR à travers le pays», écrit ce lundi 30 novembre le Dr Sqalli Houssaini sur Facebook. Le médecin souligne également que «cette réduction drastique des possibilités de réalisation de tests à cette période précise est vraiment incompréhensible».

En toute objectivité n°43.
كوفيد-19 بكل موضوعية (رقم 43)

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Posted by Tarik Sqalli Houssaini on Monday, November 30, 2020

Pour toutes ces raisons, Dr Choukri affirme que «le seul chiffre à prendre en considération est celui des morts». À la date du lundi 30 novembre, 57 décès dûs au covid-19 ont été enregistrés, portant le bilan total à 5.846 décès depuis le début de l’épidémie dans le pays. De plus, à l’heure actuelle le royaume compte 1.039 cas sévères ou critiques, et 97 patients sont placés sous intubation.