Covid-19: pourquoi les contaminations et cas critiques augmentent?

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Depuis deux semaines, on observe une hausse des cas de contaminations et des cas sévères ou critiques du covid-19. Les experts qualifient cette tendance de relative, à confirmer ou infirmer d’ici les prochains jours. Explications. 

En une semaine, les cas sévères ou critiques du covid-19 ont quasiment doublé (+47,5%), passant de 160 cas le 23 mai à 236 cas le 30 mai 2021. Côté contaminations, les chiffres dépassent la plupart du temps les 300 nouveaux cas quotidiens. Samedi 29 mai, le Maroc a enregistré 410 nouvelles infections au coronavirus. Contactés par nos soins, des experts confirment cette tendance mais la jugent de « relative », à confirmer ou infirmer d’ici une à deux semaines.

« C’est le contrecoup des jours de fêtes de l’Aïd, on avait prévu qu’il faudrait observer les chiffres une à deux semaines après cette période, et effectivement, on constate une hausse », explique Pr. Kamal Marhoum Filali, chef du service des maladies infectieuses du CHU de Casablanca.

Même son de cloche auprès de Dr. Tayeb Hamdi, il y a bien une hausse, mais qu’il « faut interpréter sur une ou deux semaines minimum ». Il est donc trop tôt pour parler d’une reprise effective des hausses des cas. « Si la tendance se confirme haussière, il faudra alors faire des analyses régionales pour comprendre si c’est une hausse uniforme au niveau national ou qui n’intéresse qu’une seule région, et il faudra analyser les causes », ajoute le chercheur en politiques et systèmes de santé qui souligne l’intérêt d’avoir espacé temporellement l’allègement des mesures sanitaires de l’Aïd afin de mieux analyser l’impact sur les chiffres.

De plus, les nouveaux cas de contamination quotidiens s’expliquent plutôt par l’allègement des mesures sanitaires car cela s’observe après cinq jours à une semaine, rappelle l’expert, tandis que la hausse des cas critiques est relative à la fête de l’Aïd survenue il y a quelque deux semaines. A noter qu’en une semaine (23-30 mai) les patients sous intubation sont passés de 5 à 10 cas.

Et de préciser: « Quant au nombre de cas actifs, ils ne représentent pas l’évolution de l’épidémie mais la pression sur le système de santé (ambulatoire et hospitalisation). Il faut être très minutieux avec les chiffres ».

 

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De son côté, Dr. Moulay Saïd Afif qualifie cette hausse de « relative » avec un « nombre de personnes en réanimation maîtrisé ». Selon lui, les cas critiques ou de réanimation sont actuellement « des personnes qui n’ont pas encore pu être vaccinées pour une raison ou une autre ». Dans ce sens, il appelle les personnes atteintes de maladies chroniques, ou de plus de 60 ans, « à se faire vacciner absolument pour éviter d’atterrir en réanimation ».

Au 30 mai 2021, le Maroc comptabilise 5.242.075 personnes vaccinées des deux doses, et 8.521.177 de la première dose seulement. Une campagne de vaccination qui « a donné de bons résultats », commente Dr. Afif, membre du comité de vaccination. « Cette campagne nous a permis d’obtenir un taux de décès très bas, par rapport à des pays comme la Tunisie qui enregistre plus de 60 décès et 1.400 cas positifs par jour », constate-t-il avec satisfaction.

Autre indicateur positif mentionné par le médecin: plusieurs services du CHU de Casablanca qui avaient été mobilisés pour recevoir les patients atteints du covid-19 ont repris leurs activités normales depuis plus de deux mois. Dr. Afif invite néanmoins les Marocains à plus de prudence, en particulier à cause de la présence des variants anglais et indien sur le territoire.