Covid-19: les infirmiers en colère après la multiplication de cas de contaminations dans leurs rangs

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Alors que les cas de contamination au covid-19 ne cessent d’augmenter au sein du personnel soignant, le Mouvement des infirmiers et des techniciens de la santé au Maroc a annoncé qu’il organiserait, demain et jeudi 24 septembre prochain, des manifestations régionales devant les directions régionales de la santé.


Dans un communiqué publié aujourd’hui, le mouvement a appelé les syndicats de la santé à «défendre vigoureusement les revendications des infirmiers, notamment après une revue à la hausse de l’indemnisation du risque professionnel», surtout en période de pandémie.

Il est à noter que le nombre de cas infectés par le virus Covid-19 est estimé à plus de 500 parmi cette catégorie d’employés. Selon Fatima Zahra Blain, porte-parole du mouvement, plusieurs «infirmiers et infirmières souffrent de négligence de la part des autorités sanitaires». Dans une déclaration chez nos confrères d’AlYaoum24, elle affirme que « plusieurs collègues ont perdu leurs proches après les avoir contaminés, car le personnel n’est pas prioritaire en matière de tests ».

Un état de fait qui vient s’ajouter au stress lié à la gestion de la pandémie elle-même. Selon le mouvement, de nombreuses unités de soins intensifs dans les hôpitaux sont débordées. «A Meknès, il y a 3 infirmiers et deux médecins pour traiter 120 patients covid-19».

Le ministère de la Santé a tenté d’augmenter la capacité en créant des hôpitaux de campagne avec des tentes équipées de lits et d’oxygène. Néanmoins, le manque de personnel est le principal problème, en particulier dans les zones rurales les plus pauvres et les moins développées. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré qu’il n’y avait qu’un seul médecin pour 4.150 habitants dans la région du sud-est de Daraa Tafilalet.

L’OMS recommande un minimum de 2,4 médecins pour 1.000 personnes. Au niveau national, le Maroc compte 0,7 médecin et 1,3 infirmier pour 1.000 personnes.