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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le ministère de la Santé a indiqué hier, mardi 6 juillet, une « augmentation notable » de 61,1% des cas positifs. Sur le plan épidémiologique, la situation est maitrisée mais reste très préoccupante, jugent les experts. Explications.

    « Oui, nous devons nous inquiéter. Nous sommes dans une situation épidémiologique qui s’aggrave de façon évidente depuis déjà pratiquement deux semaines, avec une augmentation des cas quotidiens, des cas de décès aussi, même si ce n’est pas encore une augmentation très franche, car ce paramètre est toujours à analyser en décalé par rapport au nombre de cas. Mais cela prédit un nombre de décès plus important pour les semaines à venir. Quand on observe également le taux de reproduction du virus (Rt) qui est monté à 1,3 au niveau national, soit largement au-dessus de 1, on a là aussi une tendance à la hausse. Tout cela n’est pas très rassurant », commente Pr. Kamal Marhoum El Filali, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Casablanca.

    En effet, le taux de reproduction national à 1,3 durant les 15 derniers jours «se situe loin de l’objectif de 0,7 fixé dans le cadre du plan national de veille et de lutte contre le covid-19», met en garde le chef de la division des maladies transmissibles, Abdelkrim Meziane Bellfquih, qui a présenté le bilan hier, mardi 6 juillet.

    Les cas actifs se sont élevés à 5.535, contre 3.732 deux semaines auparavant (+48,3%), a-t-il indiqué, précisant que le dispositif de veille sanitaire a commencé à enregistrer, depuis mi-juin, une accélération de la propagation du virus. De leur côté, les patients en soins intensifs se sont accrus de 12%, passant de 207 à 236 cas, de même pour les malades sous intubation dont le nombre a augmenté de 7,7% au cours des deux dernières semaines.

     

    Lire aussi : Covid-19: le taux de reproduction s’aggrave à 1,3 au niveau national

     

    « La hausse des cas en réanimation reste légère, pas encore très importante. On est loin de la saturation, qu’on doit éviter, car on a aussi besoin des lits de réanimation pour les patients non-covid », reprend Pr. Marhoum. Même appréciation pour Dr. Tayeb Hamdi: « On a une hausse des cas mais actuellement, on n’a pas encore une hausse significative de cas graves ou en réanimation ». Le médecin explique ce constat par trois raisons:

    « 1- La hausse des cas n’est pas accompagnée immédiatement d’une hausse des cas de réanimation et de décès puisque entre la déclaration d’un cas positif et la dégradation de son état de santé, son passage en réanimation et le décès, il y a une moyenne de deux à trois semaines;

    2- Quand on a un assouplissement des mesures, ce sont généralement les plus jeunes qui se déplacent et se relâchent le plus. On enregistre donc toujours une hausse de nouveaux cas parmi cette catégorie. Or, parmi eux, le taux de létalité est beaucoup plus inférieur que chez les personnes âgées. Cependant, il nous faut juste quelques semaines pour que la transmission se fasse au niveau des plus âgés qui ont des maladies chroniques, qui respectent les mesures barrières, mais qui vont finalement être rattrapés par cette circulation du virus;

    3- La vaccination. On a vacciné une bonne partie de la population de plus de 40 ans et souffrant de maladies chroniques. On peut s’attendre donc à des hausses de nouveaux cas qui ne seront pas accompagnés nécessairement par un nombre de cas graves. On aura des cas positifs mais l’augmentation de cas graves ne sera pas proportionnelle comme lors de la première ou deuxième vague, car une bonne partie de la population est vaccinée ».

    A ce propos, Dr. Moulay Said Afif, membre du comité scientifique de la vaccination, s’est félicité que « le Maroc ait vacciné plus de 34% de la population cible, si on se compare à d’autres pays comme par exemple la Tunisie où la situation est beaucoup plus critique ». Selon l’expert, la hausse des cas positifs était « attendue avec le relâchement des mesures sanitaires et gestes barrières, et l’apparition des variants plus contagieux », contre lesquels les vaccins sont efficaces, souligne-t-il.

    Vaccination et respect des gestes barrières

    Pour endiguer cette hausse des cas, le président du collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP) rappelle l’existence des deux méthodes actuelles: la vaccination et le respect des gestes barrières. Cette dernière méthode fait l’objet de plusieurs communiqués ministériels ces dernières semaines « appelant à la prudence et incitant les citoyens à respecter les mesures pour ne pas que la situation épidémiologique nous échappe ». Côté vaccination, le ministère a ouvert les centres de vaccination le dimanche afin d’accélérer la campagne, et un lot d’un million de doses du vaccin chinois Sinopharm a été réceptionné hier.

    Ces deux mesures doivent être adoptées de concert pour enrayer l’épidémie, s’accordent les spécialistes qui insistent sur l’importance et l’utilité de respecter scrupuleusement les gestes barrières: port du masque, lavage régulier des mains, distanciation sociale, éviter les déplacements inutiles, etc. D’autant plus à l’approche de l’Aïd El Kébir.

     

    Lire aussi : Covid-19: 1.177 nouveaux cas en 24h, dont 517 dans la seule ville de Casablanca

     

    « Le Comité de vaccination anticovid va certainement se réunir dans les prochains jours et aviser en fonction », prévoit Dr. Moulay Said Afif qui explique qu’actuellement la situation reste maitrisée mais très préoccupante. Dans ce sens, il a assuré hier dans une déclaration à la MAP que les foyers du nouveau variant indien Delta, enregistrés à Casablanca et Kénitra, ont été maitrisés, grâce à la vigilance des cadres des ministères de la Santé et de l’Intérieur.

    « Quoiqu’on fasse, inévitablement, il y aura des hausses des cas », explique de son côté Dr. Hamdi qui cite l’exemple de la dernière fête de Thanksgiving aux Etats-Unis qui avait provoqué une recrudescence des cas positifs malgré le respect des gestes barrières. « Quelle est l’impact de cette recrudescence en termes de cas graves et d’hospitalisations, ce sont ces deux facteurs qui feront la différence avec ce qu’on a vécu l’année dernière à la même période. Il faut rester très vigilant et les jours à venir nous dicteront les mesures à prendre ou pas », conclut le médecin.

    Par ailleurs, pour limiter cette hausse des cas, Abdellatif Hammouchi, directeur général de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), a ordonné aux walis de la sureté nationale et tous les responsables de toutes les régions du Maroc de renforcer les contrôles, informe le quotidien Al Massae dans son édition du jour. Ce renforcement intervient à la suite du relâchement observé chez certains Marocains qui ne respectent pas les mesures sanitaires, notamment le couvre-feu et les autorisations de déplacements. Les barrages ont ainsi été renforcés ces deux derniers jours dans les principales artères, les entrées et les sorties des villes.

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