Coût de la vie , chômage, droits humains… le moral des Marocains à la baisse

Le moral des ménages marocains vis-à-vis de leur niveau de vie s’est globalement dégradé en 2019 comparé à l’année précédente, tout comme leur perception de la situation des droits humains, selon une enquête du HCP publiée cette semaine.

Le « ressenti négatif » concernant le coût de la vie, le chômage et l’épargne, « est constaté aussi au niveau de l’évolution, entre 2018 et 2019, de la situation des droits de l’Homme, de la protection de l’environnement et de la qualité des services sociaux », selon cette enquête du Haut-commissariat au Plan (HCP), chargé des statistiques.

« Au quatrième trimestre de 2019, 43,0% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois », selon cette note de conjoncture.

Au terme d’une année marquée par plusieurs condamnations judiciaires d’activistes, de journalistes ou de voix critiques sur les réseaux sociaux, le HCP relève aussi une « perception d’une forte dégradation » de la situation des droits humains.

« En 2019, 23,8% des ménages pensent que la situation des droits de l’Homme au Maroc s’est dégradée contre 18,7% en 2018 », soit une baisse de 22,8 à 7 points en un an, détaille l’enquête. Parallèlement, la perception de la qualité de l’enseignement et des services de santé, les deux grands sujets de mécontentement de la classe moyenne, s’enfonce dans le négatif.

 

Lire aussi : Oxfam: « La croissance au Maroc bénéficie à un tout petit nombre de personnes très fortunées »

 

Fin 2019, le roi Mohammed VI a chargé une commission spéciale de repenser le modèle de développement et de réduire les disparités sociales dans le pays, agité ces dernières années par plusieurs mouvements de contestation.

Cette commission consultative qui doit remettre son rapport fin juin a mené ces dernières semaines une série d’auditions avec des étudiants, des représentants de parti politique ou des syndicats.

Plusieurs rapports marocains et internationaux ont récemment alerté sur le creusement des disparités sociales dans le pays, touchant en particulier les jeunes de 15 à 24 ans dont un quart ne font pas d’études et sont au chômage, selon des données officielles.

L’an dernier, un rapport d’Oxfam avait dépeint le Maroc comme « le pays le plus inégalitaire du nord de l’Afrique ».

Selon l’ONG, en 2018, « les trois milliardaires marocains les plus riches détenaient à eux seuls 4,5 milliards de dollars, tandis qu’à l’extrême opposé, 1,6 million de personnes » sur 35 millions d’habitants étaient en « situation de pauvreté ».