Coronavirus: le Maroc salué par El Pais, critiqué par El Mundo

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Crédit: Ayoub Ouajib/H24info.

Les deux journaux les plus lus d’Espagne se sont intéressés de près aux mesures prises par le Maroc pour contrecarrer la propagation du Covid-19 sur son territoire. Tandis qu’EL Pais salue les efforts du pays, El Mundo s’intéresse au «racisme dont souffriraient certains Espagnols», et les «mesures d’hygiène qui ne sont pas respectées dans le pays».

«Le Maroc à « l’avant-garde mondiale » d’adoption de mesures drastiques pour endiguer le Covid-19», titre le quotidien le plus lu d’Espagne, El Pais, dans un article publié ce dimanche 22 mars.

Retraçant en détail les mesures prises par le royaume, El Pais souligne qu’«avec cette batterie de mesures, le Maroc se place en tête des pays ayant adopté les mesures de confinement les plus strictes dans leur lutte contre le coronavirus», précisant que «même la Chine n’a pas appliqué des mesures comme celles-là sur tout son territoire» fait observer le quotidien.

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En effet, le Maroc tourne quasiment au ralenti avec des mesures drastiques imposant le confinement obligatoire, le déploiement de l’armée dans plusieurs villes, la suspension de tous les vols internationaux et même la circulation entre les villes avec l’arrêt de tous les trains pour passagers. Bien que le bilan soit moins alarmant que celui enregistré dans d’autres pays, «les autorités marocaines n’ont pas hésité à appliquer des mesures radicales pour les 34 millions d’habitants», souligne le quotidien.

«Reste à voir si l’État peut garantir le respect de ces mesures drastiques», s’interroge le quotidien de centre gauche, proche des socialiste au pouvoir rappelant la sortie de dizaines de jeunes dans quelques villes du royaume, et ce malgré le décret du confinement total.

«Système de santé défaillant»

De son côté, le quotidien de droite El Mundo a consacré près d’une dizaine d’articles au cas marocain face à la pandémie de Covid-19. Samedi, le quotidien espagnol a rapporté le message de détresse de certains enseignants espagnols installés dans le royaume.

Au Maroc, ils seraient quelque 200 enseignants travaillant dans les 11 établissements espagnols au Maroc, précsie El Mundo. Trois enseignants interrogés par le quotidien disent être «désespérés», après la fermeture de leur école et affirment «travailler à domicile dans l’incertitude totale, car les soins de santé ne sont pas garantis».

«On nous a dit qu’il y a 1.500 lits de soins intensifs pour 35 millions de personnes. Le virus est arrivé et les gens continuent de se déplacer par groupes de huit dans la rue. Il n’y a pas de conscience sociale et, si nous tombons malades, je ne veux même pas imaginer devoir aller à l’hôpital», déclare une enseignante au quotidien.

Une autre enseignante affirme s’être mise en quarantaine depuis plus de dix jours, étant donné qu’elle présente quelques symptômes de «fièvre, une toux sèche et des douleurs corporelles». Trois de ses collègues présentent les même symptômes poursuit-elle, affirmant avoir reçu une visite des autorités sanitaires. «Ils m’ont demandé si je voudrais être isolée à l’hôpital ou à la maison. Ils m’ont laissé trois masques et ont promis de me suivre et de rendre visite aux personnes avec qui j’avais été en contact», souligne-t-elle.

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«Mais ils ne m’ont appelé pas une seule fois. Bien sûr, il y a eu des nouvelles dans la presse locale disant qu’il ne fallait pas paniquer, et que la plupart des symptômes étaient ceux de la grippe. Mais ils ne m’ont pas testée!», poursuit-elle.

Par ailleurs, le quotidien affirme que «la pandémie génère des scènes insolites: des Marocains racistes envers les Espagnols et des Espagnols qui tentent de fuir le Maroc comme s’ils étaient des immigrés en situation irrégulière», s’appuyant sur les propos de ces trois enseignants.

Un constat réfuté par Maria Antonia, responsable des établissements espagnols au royaume. Dans une déclaration au média Goud, cette dernière qualifie même ces propos de «fausses allégations», émanant de la part d’un petit nombre d’enseignants.

«Les enseignants espagnols aiment le Maroc et y vivent très bien», martèle-t-elle. Des propos soutenus par un autre enseignant espagnol, qui affirme «avoir toujours été bien traité (..) tel un Marocain».