Consul marocain à Oran: la polémique se poursuit entre Rabat et Alger

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 La crise diplomatique entre l’Algérie et le Maroc a rebondi jeudi, Alger contestant vivement la version marocaine des circonstances du rappel du diplomate marocain accusé d’avoir tenu des propos hostiles au pays hôte.

Selon le ministère algérien des Affaires étrangères, le départ du consul général du Maroc à Oran, à l’origine de cette nouvelle escalade entre les deux voisins, n’est pas intervenu à « l’initiative exclusive » du Maroc, comme l’a affirmé mardi le ministère marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.

« Les démarches entreprises par le gouvernement (algérien) pour dénoncer le grave dérapage du consul général marocain à Oran et appeler la partie marocaine (…) à prendre les mesures qui s’imposent ne peuvent avoir une autre acception ou interprétation que celle de son rappel par son pays », a affirmé le porte-parole du ministère, Abdelaziz Benali-Cherif, dans un communiqué.

« Cette exigence de la partie algérienne a été réitérée dans des termes clairs et directs à l’occasion des entretiens téléphoniques qui ont eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, à la suite de cet épisode malheureux », a insisté le porte-parole algérien.

 

 

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Le diplomate marocain, qui aurait quitté l’Algérie le 4 juin, était accusé par les autorités algériennes d’avoir « dépassé toutes les limites de la convenance » et d’être un agent du renseignement marocain, ce que Rabat nie.

Une vidéo massivement partagée le mois dernier en mai montrait un homme présenté comme le consul du Maroc à Oran (nord-ouest) en train de parler à des compatriotes qui protestaient contre les difficultés rencontrées pour rentrer dans leur pays en raison de la fermeture des frontières provoquée par la pandémie de Covid-19.

Le diplomate tentait d’expliquer les obstacles rencontrés et on l’entendait conclure distinctement: « Nous sommes dans un pays ennemi, je vous le dis franchement ».

Le 13 mai, le ministre algérien des Affaires étrangères Sabri Boukadoum avait convoqué l’ambassadeur du Maroc en Algérie pour lui faire part des protestations d’Alger.