Consommation: du poison dans notre pain ?

1578

Une mise en garde de la Fédération marocaine des droits du consommateur contre les effets néfastes du pain vendu au Maroc rouvre un débat épineux. Pesticides, excès d’additifs alimentaires et absence quasi totale de contrôle sont à l’origine de ses doléances.

Aliment phare de nos repas et l’un des plus consommés par les Marocains, le pain serait néanmoins une source de maladies. À raison d’un pain et demi par jour et par personne, une attention particulière à ce produit a été portée par la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC) dans le cadre de son suivi des circuits d’approvisionnement des denrées alimentaires.

Il en ressort que «l’excès d’additifs alimentaires ainsi que le sel et le sucre (plus de 3 grammes de sucre sont actuellement ajoutés dans chaque pain), l’utilisation de levure chimique, d’eau saturée en chlore et l’élimination des fibres alimentaires sont autant de causes qui exposent les consommateurs à plusieurs maladies, dont le cancer du côlon, le surpoids, la dépression, l’eczéma et diverses allergies, y compris la maladie cœliaque», écrit la FMDC.

 

Lire aussi: Interdits en Europe, des pesticides nocifs exportés vers le Maroc

 

Pire encore, selon la même source, le blé «utilisé pour confectionner le pain actuellement en circulation est génétiquement modifié par rapport au blé ordinaire (46 chromosomes au lieu de 14 pour le blé sauvage)». Un constat ahurissant couplé au fait que «le blé qu’il soit importé ou local demeure, dans toutes ses étapes de production et de fabrication, soumis à un traitement avec un grand nombre de différents pesticides», souligne la FMDC. Autant d’éléments qui permettent d’augmenter le rendement et les bénéfices des acteurs économiques du secteur, mais au détriment de la santé du consommateur en l’absence quasi totale de contrôle.

Dans ce sens, la FMDC appelle à la mise en place d’un système de contrôle sanitaire efficace, en empêchant l’utilisation de farine sans fibres et en encourageant les cultures de blé authentique. Mais aussi, de limiter par un texte légal, les quantités de sel ajouté dans le pain et interdire l’excès de sucre, en passant également par la modification des textes légaux relatifs au poids légal et aux types de pain.

Le débat sur les quantités de sel dans le pain notamment avait été ouvert l’an dernier. Le ministère de la Santé affirmait à cette époque «travailler avec la fédération des boulangers pour réduire progressivement le sel dans le pain», dans le cadre du plan d’action national 2020-2021 de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles (MNT). Mais pour le moment ce débat n’a encore abouti à aucun texte clair.