Cellule de Tamaris: les terroristes prévoyaient un bain de sang sur le littoral de Casablanca

Crédit: H24/Ayoub Ouajib.

« La cellule terroriste, démantelée vendredi dernier dans plusieurs villes du royaume, allait frapper sur terre mais surtout en mer et transformer la ville de Casablanca en un véritable bain de sang ». Présent en conférence de presse ce lundi au siège du BCIJ, Abdelhak El Khayam, directeur du Bureau central des investigations judiciaires, a fait le point sur la situation. 

Apres le démantèlement d’une cellule terroriste vendredi dernier dans plusieurs villes du royaume, le Bureau central d’investigations judiciaires a tenu un point de presse ce lundi à Salé. Le BCIJ a présenté aux journalistes le matériel et les armes saisis, vendredi dernier, chez les terroristes interpellés à Tamaris, Ouazzane et Chefchaouen.

Abdelhak El Khayam, directeur du Bureau central des investigations judiciaires, a indiqué que cette cellule terroriste s’apprêtait à perpétrer des attaques sanglantes à Casablanca, qui ciblaient des zones sensibles en mer et sur terre. Les éléments du BCIJ ont, en effet, saisi plusieurs armes, du matériel explosif, mais également du matériel de plongée.

« La cellule terroriste, démantelée vendredi dernier dans plusieurs villes du royaume, est très dangereuse. Sa particularité c’est qu’elle détenait plusieurs matériels de plongée. Elle allait frapper sur terre mais surtout en mer et transformer la ville de Casablanca en un véritable bain de sang », déclare El Khayam.

Cette cellule terroriste, qui est composée de 7 membres, a fait allégeance à Daech. Leur chef avait tenté de rejoindre des organisations terroristes dans le Sahel, avant d’établir des contacts avec des membres de Daech. Ils lui ont demandé d’opérer au Maroc et lui ont fourni le matériel et l’argent nécessaires par le biais d’un Syrien qui était installé dans le royaume. Ce dernier est activement recherché et une mise au point d’un portrait robot de l’individu en question est en cours, indique Abdelhak El Khayam.

Et d’ajouter que la cellule démantelée, vendredi dernier, comptait rassembler beaucoup d’adeptes et installer des bases dans les régions montagneuses du royaume afin de donner naissance à une sorte de bande terroriste, liée Daech, qui porte le nom de « l’Emirat du Maroc islamique ».

 

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El Khayam a par ailleurs fait savoir que, grâce aux efforts des éléments du Bureau central des Investigation judiciaires, un total de 13 cellules terroristes ont été démantelées cette année dans plusieurs villes du royaume.

Alerte en Syrie

Selon les chiffres présentés par le Bureau central d’investigations judiciaires, les éléments d’Abdelhak El Khayam ont pu recenser près de 1950 terroristes marocains en Syrie, dont 1060 sont avec Daech. 260 d’entre eux ont été traduits devant la justice et 742 sont décédés, 657 se trouvent toujours en Syrie et 85 en Iraq.

La conférence de presse tenue, ce lundi au siège du BCIJ, a été l’occasion de relancer l’épineux dossier du retour des épouses et des enfants de jihadistes marocains morts ou en fuite en Syrie et en Iraq.

Interrogé sur cette question, Abdelhak El Khayam a déclaré que les éléments du BCIJ ont recensé près de 280 femmes et 391 enfants. « Ces derniers ne sont pas des terroristes », selon Al Khayam.

 

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« Ces femmes de Djihadistes ont seulement accompagné leurs maris et n’ont pas d’idéologie terroriste », a t-il dit.

Le rapatriement de ces dernières, ainsi que leurs enfants, est en cours de traitement et devraient bénéficier de mesures particulières. Elles pourraient, notamment, profiter d’un programme de réintégration sociale pour faciliter leur réinsertion dans la société.

Notons que plusieurs Marocains, membres de Daech ou d’autres groupuscules jihadistes, se seraient enfuis d’une prison dans le nord-est de la Syrie récemment, suite à l’intervention militaire de la Turquie contre les Kurdes.