Ce que pense Moncef Slaoui de la polémique sur le vaccin d’AstraZeneca

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Dans une interview télévisée accordée à une chaîne canadienne, le professeur maroco-américain Moncel Slaoui revient sur la polémique suscitée récemment par le vaccin AstraZeneca à la suite de caillots de sang observés chez certains vaccinés dans le monde. 

Dans cette interview accordée à la chaîne canadienne ICI RDI, l’ancien responsable scientifique de l’opération Warp Speed se veut « confiant ». Quand à l’éventuel lien entre les thromboses observées sur des personnes vaccinées avec AstraZeneca et le vaccin en lui-même, l’expert évoque une possible explication « simplement chronologique », « le fait qu’ils se soient faits vacciner ne veut pas dire que c’est lié au vaccin ».

D’autant plus que « ces vaccins ont été étudiés de manière beaucoup plus extensive que ce qui est requis normalement en termes de nombres de sujets sur lesquels on a testé le vaccin dans les études de phase III », poursuit le professeur.

Et de détailler: « Entre 30.000 et 45.000 personnes ont été étudiées; normalement, on en a 6.000 à 8.000. Du point de vue de l’étendue de l’étude, en termes de personnes exposées, je suis très confiant. En terme d’effets à long terme, là, on a une question, et je suis très confiant, mais on n’a pas encore de données. (…) On n’a pas encore assez de recul quant à savoir l’innocuité des vaccins ».

« Ce qui est très important à savoir, c’est que pour tous les vaccins qui ont été développés au cours des quatre dernière décennies, l’écrasante majorité des effets secondaires ont lieu dans les 60 jours qui suivent la vaccination », ajoute Slaoui qui précise que l’étude a couvert cette période et qu' »aucun effet secondaire néfaste n’a été observé ».

« Nous protéger contre l’infection est un plus mais pas nécessaire »

« On a maintenant presque 100 millions de personnes vaccinées aux Etats-Unis, il est possible que simplement d’un point de vue chronologique, des événements apparaissent chez des personnes et le fait qu’ils se soient faits vacciner ne veut pas dire que c’est lié au vaccin mais il faut étudier en profondeur les cas », nuance-t-il.

 

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Concernant la durée de protection des vaccins anticovid, très discutée actuellement, Moncel Slaoui soulève que pour lui, « les objectifs les plus importants sont que ces vaccins protègent contre la maladie sévère, l’hospitalisation et la mort ». « Nous protéger contre l’infection est un plus mais pas nécessaire. La société vit toujours alors que nous avons des rhumes, des toux, des fièvres, etc., ça n’arrête pas la vie ».

Pour ces objectifs, Moncef Slaoui estime que « les vaccins auront une durée de protection très longue, de trois, cinq ans, peut-être même plus », et qu’ils seront « efficaces contre les variants exactement de la même manière ». « Tant qu’on garde ces objectifs, les vaccins auront une performance beaucoup plus longue et étendue en terme de protection », affirme-t-il, déclarant en même temps qu’il est « impératif que tout le monde soit vacciné », « étant donné que la pandémie est globale, la réponse doit être globale ».