Casablanca: Nasser Zefzafi devant le juge ce lundi

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Le leader du Hirak passait lundi devant un juge d’instruction à Casablanca, étape préalable à son procès qui n’aura pas lieu avant la fin du mois.

Emprisonné depuis la fin mai pour avoir interrompu le prêche d’un imam à Al Hoceima, Zefzafi doit passer en milieu de matinée devant les juges de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca. Le chef du Hirak fait face à de lourdes charges, notamment « atteinte à la sécurité intérieure ».

Les avocats de Zefzafi avaient initialement indiqué que le procès de leur client devait débuter lundi devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca. En fait, « Il est interrogé sur le fond par le juge d’instruction. Ce n’est donc pas le début du procès », a précisé à l’AFP Me Naïma Guellaf, une avocate du détenu. Cette ultime étape de l’instruction avant le procès devrait se dérouler jusqu’au 27 juillet, selon un autre avocat, Me Abdessadak El Bouchattaoui. Aucune mobilisation particulière n’était visible devant le tribunal lundi.

Depuis la mort du vendeur de poisson Mohcine Fikri, broyé accidentellement dans une benne à ordures fin octobre, ce chômeur de 39 ans menait la fronde au nom de sa région natale du Rif. Pendant près de huit mois, Al Hoceima et la localité voisine d’Imzouren ont vibré au rythme de manifestations pour le développement de la région, qu’elles jugent marginalisée et négligée.

La relance par l’Etat d’un vaste plan d’investissements et de chantiers d’infrastructures n’a toutefois pas suffi à désamorcer la colère. Le mois de mai a été marqué par un durcissement des autorités dans la gestion des manifestations. Mais la tension est retombée d’un cran avec le retrait des policiers de lieux publics emblématiques à Al Hoceima et Imzouren, une mesure décidée par le roi Mohammed VI.

Dans la foulée de l’arrestation de Zefzafi, la totalité des leaders et figures connues du Hirak ont été interpellés. Selon un dernier bilan officiel, 176 personnes ont été placées en détention préventive. Cent-vingt sont en cours de jugement, passibles de sévères condamnations allant jusqu’à 20 mois de prison.

Erratum: Informés par ses avocats, nous avions annoncé plus tôt que le procès de Nasser Zefzafi débutait ce lundi. Mais il s’agit, en fait, d’un interrogatoire par un juge d’instruction. Le procès n’aura pas lieu avant fin juillet.

 

Avec AFP