Brahim Ghali nargue la justice espagnole et refuse sa convocation

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Brahim Ghali, à l’origine de la crise entre Rabat et Madrid, refuse de se présenter devant la justice espagnole « avant de consulter Alger ».

Le chef séparatiste, Brahim Ghali, refuse de signer la convocation émise par l’audience nationale, le citant à comparaitre le 1er juin dans le cadre de deux affaires, rapporte ce mercredi 19 mai le quotidien El Pais, ayant eu accès au rapport de la police nationale.

Le rapport envoyé au juge d’instruction Santiago Pedraz souligne que le chef séparatiste refuse de signer le récépissé avant de consulter préalablement «l’ambassade d’Algérie et les personnes en qui il avait confiance».

Ce refus de sa part fait craindre qu’il ne s’enfuie du pays avant d’être présentée devant la justice, qui a jusque-là refusé de le placer sous mesures conservatoires, souligne la même source.

L’accueil de Brahim Ghali en Espagne a été négocié par Madrid et Alger au début du mois d’avril, révélaient des sources diplomatiques au quotidien El Pais. La demande d’Alger avait été acceptée «pour des raisons strictement humanitaires».

Les mêmes sources indiquaient que la demande a été acceptée «compte tenu du caractère stratégique des relations avec l’Algérie, premier fournisseur de gaz sur le marché espagnol».

Le 18 avril, un avion médicalisé de la présidence algérienne atterrit sur la base aérienne de Saragosse (nord-est de l’Espagne). Brahim Ghali est à bord, il est attendu par une ambulance et une escorte de police qui le conduiront à l’hôpital de San Pedro de Logroño.

Son arrivée est rapidement dévoilée par les médias et sera suivie par deux plaintes distinctes déposées contre lui. La justice espagnole se saisit alors de l’affaire, mais tient d’abord à vérifier son identité.

 

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Trois agents du commissariat général d’information, chargés de la lutte contre le terrorisme, se rendent alors à l’hôpital et écrivent un rapport détaillé. D’abord, ils soulignent que Brahim Ghali est entré sous le faux nom de «Mohamed Benbatouche, de nationalité inconnue et qu’il est arrivé dans une ambulance le 18 avril à 22h48, en provenance de Saragosse».

Le rapport datant du 5 mai précise qu’il était accompagné de deux personnes, «le premier, un médecin de nationalité étrangère, peut-être algérienne, qui a fourni un rapport médical sans signature délivré par l’hôpital central de l’Armée à Alger. Le deuxième prétend être un membre de la famille, sans donner plus d’informations sur son affiliation».

Le document délivré par l’hôpital algérien indique que le patient est atteint de Covid et présente de sévères «complications respiratoires». «Son état est très grave et il est admis aux soins intensifs en raison d’une pneumonie bilatérale compliquée par une polyneuropathie, ce qui l’empêche de respirer par lui-même», détaille le rapport des agents espagnols.

Après s’être assuré de son identité, la justice espagnole a cité à comparaître le 1er juin Brahim Ghali. Une comparution qui pourrait toutefois ne pas avoir lieu, au vu de son état de santé. Le gouvernement ne se mêlera pas de ce que décidera la justice, affirmait Arancha Gonzalez Laya.