Bloqué en France, ce Marocain se lance bénévolement dans la fabrication de masques

Ayant déjà une longue expérience dans la couture, Ahmed, bloqué depuis plusieurs mois en France, s’est lancé bénévolement dans la fabrication de masques de protection./DR

Ayant déjà une grandes expérience dans la couture, Ahmed, bloqué depuis plusieurs mois en France, s’est lancé bénévolement dans la fabrication de masques de protection. Témoignage.

Ahmed est bloqué comme tant d’autres Marocains à l’étranger. En France et dans un contexte de pénurie de masques de protection, Ahmed a décidé de mettre son savoir-faire au service des autres. Il s’est lancé dans la fabrication de ces petits bouts de tissu devenus essentiels en ces temps de pandémie mondiale due au nouveau coronavirus.

Tout commence en février lorsque ce père de famille se rend dans le sud de la France pour rendre visite à ses enfants. Il quitte alors Oujda, prévoyant de ne passer que quelques semaines aux côtés de ses proches. Il finit par apprendre que le Maroc a décidé de fermer ses frontières et de suspendre toutes les liaisons maritimes et aériennes.

 

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Mais Ahmed s’estime heureux en pensant à tous ceux qui ont appris au même moment cette fermeture soudaine. «Je ne suis pas dans la même situation que mes autres compatriotes qui se sont retrouvés bloqués alors qu’ils venaient pour une courte durée (..) de plus, je viens souvent pour de longues périodes et j’ai heureusement mes enfants ici», nous confie-t-il.

Contribuer à l’élan de solidarité

Au départ, Ahmed se renseigne auprès d’associations pour apporter son aide. «J’avais entendu parler du centre social La Provence et j’ai décidé de les contacter pour tenter d’apporter mon aide à l’effort collectif». «Etant couturier, je me suis dit que je pourrais mettre à profit mes connaissances en confection», poursuit Ahmed qui est spécialisé en fabrication de tentes caïdales.

D’ailleurs, le cinquantenaire n’en est pas à sa première expérience dans l’associatif. En passant d’associations d’aide aux plus démunis à des associations sportives, Ahmed a accumulé les expériences dans sa région de l’Oriental. Devant cette situation inédite, il ne pouvait s’empêcher de contribuer à son petit niveau.

Le centre associatif dans le sud de la France s’était déjà lancé dans la fabrication de masques, après avoir été «sollicité par la Mairie d’Aix-en-Provence afin de confectionner des masques en tissu pour les publics fragiles et exposés au Covid-19», explique-t-on.

Mais Ahmed n’avait jamais confectionné de masques auparavant. «Dès le début de la pandémie, j’ai décidé de me faire un premier masque en papier en suivant les patrons déjà donnés par les spécialistes. J’ai la chance d’avoir une machine à coudre ici. Alors je me suis lancé et j’ai pu élaborer trois modèles.», poursuit-t-il.

Une fois au centre qui sollicite son aide, Ahmed observe et partage volontiers son savoir-faire avec les autres bénévoles. Tout au long de la semaine, ils sont nombreux à se rendre au centre pour fabriquer des masques. «Parfois nous sommes une vingtaine à coudre des masques. Après, chacun sa fréquence, mais moi j’essaye d’y aller tous les jours», affirme fièrement Ahmed.

Pour lui, «tout le monde peut fabriquer ses masques chez soi. La pénurie est partout malheureusement, bien que le Maroc s’en sorte bien». «Le plus important est de bien choisir son tissu, qui ne soit ni en nylon ni en coton, mais plutôt du polyester ou un tissu qui permet de bien respirer», conseille-t-il, en rappelant qu’il faut bien les laver pour pouvoir les réutiliser.

L’effort et le dévouement d’Ahmed est salué par de nombreux habitants de la ville et les publications et messages de remerciements ont rapidement inondé les réseaux sociaux. Heureux de pouvoir contribuer à l’effort national français, il espère tout de même «aider son pays plus tard».