Bab Sebta: un rapport sur les « femmes-mulets » examiné aujourd’hui en commission

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Les députés ont prévu d’examiner aujourd’hui le rapport d’une mission parlementaire sur la situation des femmes exploitées dans le transport des produits de contrebande entre le Maroc et Sebta.

Ce rapport avait été rendu public le 9 juillet dernier, révélant alors que 3.500 femmes et 200 mineurs travaillaient quotidiennement dans des activités de contrebande au niveau du poste frontalier de Bab Sebta. Considérant sérieusement le phénomène, les membres de la commission parlementaire permanente chargée à la Chambre des représentants des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques et des Marocains résidant à l’étranger (MRE) examinent aujourd’hui ce rapport en vue de trouver des solutions, lit-on ce matin dans Aujourd’hui le Maroc.

Le rapport évoque également les sommes modiques que reçoivent les porteuses (100 à 200 DH par jour) en travaillant dans des conditions périlleuses pour le compte de commanditaires qui s’octroient tous les bénéfices. C’est d’ailleurs à la suite d’un tragique incident ayant coûté la vie à deux femmes dans la région que la mission d’information parlementaire avait été initiée. Les bousculades sont récurrentes à Bab Sebta où 8.500 porteurs se pressent quotidiennement, selon les chiffres rapportés par ALM.

 

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Les fermetures répétées de Tarajal II ont contribué à endiguer et étouffer le phénomène qui coûtait à l’économie locale et même nationale, poursuit le quotidien. Les autorités douanières estiment le préjudice à 8 MMDH rien qu’au niveau de la ville de Sebta. La mission d’information parlementaire a proposé plusieurs recommandations pour améliorer la situation de ces « femmes-mulets », notamment au niveau de la gestion des flux de personnes sur le poste frontalier et la viabilité économique de certaines alternatives.

En parallèle, la mission d’information parlementaire consacre également une partie de son rapport aux enfants abandonnés. Elle note les 200 enfants porteurs sur le poste frontalier mais aussi les mineurs non accompagnés (MNA) qui passent illégalement en Espagne ou d’autres pays. La ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l’étranger (MRE), Nezha El Ouafi, s’est dit « préoccupée » par la question, relayent nos confrères d’ALM.

 

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Lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers, la ministre déléguée a souligné le problème du rapatriement des MNA marocains, citant « les difficultés liées à l’identification de ces mineurs » ainsi que celles relatives « aux diverses conventions internationales qui accordent la protection de ces enfants par les pays d’accueil ».