Aziz Akhannouch: «Le Maroc a besoin de positions et de décisions qui rétablissent la confiance dans les relations avec l’Espagne»

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Le président du Rassemblement National des Indépendants (RNI), Aziz Akhannouch. Crédit: DR

Dans une interview accordée au quotidien El Mundo, le chef du parti de la Colombe, Aziz Akhannouch, réagit sans détours au froid diplomatique entre Rabat et Madrid qui a décidé d’accueillir sur son sol le chef séparatiste Brahim Ghali.

«Nous nous sentons déçus», affirme le chef du RNI évoquant cette «crise majeure», dans les relations entre le Maroc et l’Espagne qui mérite d’être «rappelée et mentionnée».

Le chef de parti et ministre du gouvernement de Saad Eddine El Othmani indique qu’il s’agit «d’une question délicate» qui nécessite «un traitement sérieux, clair et ferme». Le Maroc a «besoin de positions et décisions qui restaureront la confiance dans nos relations», poursuit Aziz Akhannouch, rappelant que le royaume qui s’est toujours «efforcé de respecter et de donner la priorité aux relations de bon voisinage et à la coopération, attend naturellement une réciprocité de l’Espagne».

L’affaire qui crispe la diplomatie marocaine est traitée de «manière douteuse» par l’Espagne, souligne le ministre. «Pourquoi Ghali a-t-il choisi l’Espagne, quelles garanties attendait-il, pourquoi était-il si sûr d’être reçu par l’Espagne, et pourquoi n’est-il pas allé ailleurs?».

 

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Le gouvernement espagnol prétendait que l’accueil du séparatiste s’est fait dans un but purement «humanitaire».  Mais si c’est le cas, «pourquoi le Maroc n’a-t-il pas été informé dès le départ?», s’exclame Aziz Akhannouch, dénonçant une «claire complicité, que Madrid a jusqu’ici évité de clarifier».

Cette trahison aura des répercussions, avertit le ministre. «Les conséquences se traduiront principalement par la perte de confiance et par une revue des options stratégiques», a-t-il déclaré, soulignant que «lorsque la confiance est perdue, il peut même y avoir un retour en arrière des réalisations qui ont été établies pendant des décennies entre les deux pays», notamment en matière de sécurité et d’immigration.

Enfin, Aziz Akhannouch affirme que «toute crise a une issue et cela dépend des décisions des parties prenantes». «Deux conditions fondamentales doivent être réunies: la transparence et la clarté», conclut-il.