Avortement. La pétition du mouvement «Hors-la-loi» dépasse les 10.000 signataires

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Lancé par Leila Slimani et Sonia Terrab à la suite de l’affaire Hajar Raissouni, le manifeste «Hors-la-loi» a recueilli pas moins de 10 000 signatures pour l’abrogation de l’article 490 du code pénal.

Le collectif, lancé le 23 septembre 2019 en soutien à la journaliste Hajar Raissouni condamnée à un an de prison pour «avortement» et «relations sexuelles hors mariage», souhaite dénoncer «les lois liberticides» du Code pénal et engager «un débat national sur les libertés individuelles».

Après 20 jours, le manifeste «Nous sommes tous Hors-la-loi» passe de 490 à 10.000 signataires, nous annonce Sonia Terrab lors d’une conférence de presse ce lundi 14 octobre : «Nous sommes 10.000 citoyennes et citoyens marocains à manifester notre colère, notre rejet de l’injustice et de l’hypocrisie sociale».

D’après la même source, le mouvement qui commence à se structurer, fait appel à «tous les talents disponibles» et «toutes les énergies» pour commencer leurs actions.

Le mouvement compte déposer une lettre au procureur du Roi, Mohamed Abdennabaoui, afin de l’inviter à suivre «une politique pénale plus conforme à l’esprit de la Constitution marocaine et de la charte internationale des droits humains en suspendant immédiatement l’application de ces lois liberticides et arbitraires, et en abandonnant les poursuites et exécutions des peines relatives aux relations sexuelles consentantes, hors mariage entre adultes, à l’avortement et à l’adultère»

 

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Une seconde lettre sera à l’attention de la présidente de la HACA (Haute autorité à la communication audiovisuelle), Latifa Akharbach et aux responsables des télévisions, radios et médias publics afin de «prévoir un créneau dans leur programme dédié, sur la durée, à un débat sur les libertés individuelles au Maroc» en ajoutant l’importance d’intellectuels, d’artistes et de représentants de la société civile lors des débats.

Une pétition sera également adressée au parlement afin de demander l’abrogation des lois mises en causes et une plateforme sera mise en place afin de rejoindre et suivre le mouvement.