Entre ses navires de pêche illégaux et ses espions, la Turquie fait des vagues à Dakhla

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AFRIKA SCH 24 SCHEVENINGEN, dutch super trawler fishing 30 miles off the coast of Mauritania, fish net Pierre GLEIZES/REA

L’affaire des navires turcs qui pêchent sans autorisation refait surface. Petite nouveauté cette fois-ci: l’existence d’espions travaillant pour ces gigantesques navires pour surveiller la Marine Royale marocaine.

Une vingtaine de navires turcs pêchent illégalement dans les eaux territoriales des provinces du sud et menacent les richesses halieutiques du pays, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 7 avril.

De «gigantesques» navires turcs pratiquent une pêche sauvage et intense, ne respectant pas les traités internationaux et ne disposant d’aucune autorisation. Ces navires «harcèlent les pêcheurs marocains» et «capturent en grande quantité toutes sortes de poissons, en grande quantité dédiée à l’export», poursuit la même source.

Ils sont aidés par des espions dont la mission est de guetter les mouvements de la Marine Royale marocaine, poursuit la même source. Une fois que les patrouilleurs de la marine regagnent le port de Dakhla, ces navires pénètrent illégalement dans les eaux territoriales marocaines, indique le quotidien.

Le dernier épisode du genre remonte à lundi dernier, précise Assabah, citant des pêcheurs installés dans la région. Ces derniers affirment qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé mais d’«attaques soigneusement organisées par ces navires et les espions à bord».

Ces navires disposeraient d’une autorisation pour pêcher dans les eaux mauritaniennes, mais avaient été dénoncés pour les mêmes pratiques par des observateurs dans le pays voisin. De leur côté, les pêcheurs marocains demandent qu’une enquête soit ouverte et à renforcer les contrôles afin d’éviter le drame environnemental qu’implique cette pêche intensive et abusive.

 

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Le 15 mars dernier, la Marine Royale marocaine a ouvert une enquête au sujet d’un navire, sans pavillon, et dont tous les membres de l’équipage à bord sont de nationalité turque, indiquait le site Al Bahr News.

Le navire portant chinois du nom de «Dong Gang Xing 15» et qui a quitté les côtes chinoises en 2018 ne disposait d’aucune autorisation, mais pêcher illégalement dans les eaux marocaines.

La même source révèle également que «le navire dispose de deux moteurs de grande taille ainsi que de deux moteurs électriques, une caractéristique qui est généralement caractéristique des navires de guerre, ainsi que des navires aspirateurs de sable».

Ce n’est pas la première fois qu’une enquête de ce genre vise un équipage turc. En février 2018, les Forces armées royales (FAR) et le ministère de l’Agriculture avaient ouvert une enquête au sujet d’un d’un navire turc, détecté près des côtes de Dakhla. L’équipage qui ne disposait encore une fois d’aucune autorisation était soupçonné de se livrer aux mêmes activités criminelles, à savoir la pêche illégale.