Attentat d'Atlas Asni: 24 ans après, les frontières maroco-algériennes sont toujours fermées

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A l’origine de la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie, l’attentat d’Atlas Asni, le nom de l’hôtel visé, il y a 24 ans, par un groupe de terroristes français d’origines marocaines et algériennes, mené par Stéphane Ait Idir et Rédouane Hamidi. L’attentat avait fait deux morts.
Cela fait 24 ans, le 24 août 1994, le Maroc a été secoué par le premier acte terroriste de son histoire. L’hôtel Atlas Asni au coeur de Marrakech a été ciblé par sept jeunes d’origines algériennes et marocaines sont en effet accusés d’avoir «constitué une association criminelle», à l’origine notamment du meurtre de deux touristes espagnols qui se trouvaient dans le hall de l’hôtel au moment de la fusillade.
Le Franco-Algérien Stéphane Aït-Idir et le Franco-Marocain Redouane Hammadi, originaires de La Courneuve, près de Paris, ont été condamnés à mort au Maroc en janvier 1995. Les deux hommes avaient entamé des grèves de la faim dans le but de bénéficier d’une sortie du couloir de la mort et leur transfert vers la France pour y purger le reste de leur peine.
Au Maroc, la peine de mort n’est pas abolie, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993.
Le commando constitué de sept jeunes Français d’origines algériennes et marocaines (Stéphane Aït Idir, 22 ans, Rédouane Hammadi, 23 ans, Kamel Benachka, 26 ans, Abdesslam Guerrouaz, 25 ans, Moustafa Meziane, 36 ans, Abderrahmane Boujedli, 24 ans, et Hamel Merzoug, 28 ans), avait prévu de perpétrer au moins quatre actes terroristes au Maroc. A Marrakech, puis à Casablanca, Tanger et Fès. Le groupe d’Asni avait subi un entraînement intensif dans les camps d’Al Qaida en Afghanistan.
Persuadé de la responsabilité de l’Algérie, le roi Hassan II impose le visa aux ressortissants algériens souhaitant se rendre au Maroc. Alger ne se contente pas de la réciprocité en instaurant la même mesure aux Marocains, mais fermera tout simplement ses frontières terrestres avec le royaume.
24 ans après l’attentat de Marrakech, des activistes marocains et algériens ont appelé à plusieurs reprises les autorités des deux pays à ouvrir les frontières. Dernière en date celle du 22 juillet dernier, où ils aviaient appelé à organiser une marche à destination du centre frontalier. Objectif: inciter les autorités des deux pays à rouvrir les frontières fermées depuis un quart de siècle.