Après le lynchage salafiste, les soutiens se multiplient pour Asma Lamrabet

Depuis sa démission de la Rabita Mohammadia des Oulémas, Asma Lamrabet fait l’objet d’un lynchage sans précédent de la part des milieux salafistes. Des figures connues de la scène politique et de la société civile expriment leurs soutiens à l’auteur de «Aisha, épouse du Prophète ou l’Islam au féminin».
La chercheuse et écrivaine Asma Lamrabet a démissionné dimanche 18 mars, de la Rabita Mohammadia des Oulémas, fondée par le roi Mohammed VI pour promouvoir un islam ouvert et tolérant, où elle dirigeait le Centre des études féminines en islam.
Lamrabet, connu pour ses positions en faveur d’une révision des dispositions en matière d’héritage, a été vivement attaqué sur les réseaux sociaux  par des figures salafistes, comme Cheikh Hassan Kettani, ancien détenu salafiste qui s’est réjoui sur sa page Facebook de cette décision, tout en qualifiant l’écrivaine d' »ignorante ». Une avalanche d’insultes s’en est suivie sur les commentaires des disciples du prédicateur.



Les soutiens se multiplient
Le lynchage dont a été victime la chercheuse Asma Lamrabet, n’a pas laissé indifférents ses proches et les personnalités qui partagent ses prises de position.  » J’exprime ma solidarité et mon soutien et mon amitié pour Asmae Lamrabet qui est une chercheuse sérieuse, courageuse et de qualité, c’est une femme qui base tout son travail sur des références scientifiques » nous déclare l’ancienne ministre de la Famille, Nouzha Skalli, et de rajouter,  » Je dénonce les agressions aux femmes qui expriment leurs opinions sur des questions publiques , et qui veulent instaurer un débat basé sur le  dialogue. C’est inadmissible que l’on empêche toute tentative à l’ijtihad ».
Pour l’ancien détenu salafiste ,Mohamed Abdelaouahab Rafiki, devenu aujourd’hui porteur d’un islam éclairé Asmae Lamrabet a « des idées éclairées et ses positions courageuses », il renchérit, « j’ai constaté à travers mes rencontres avec elle, qu’elle est une femme bien éduquée, très polie et d’une sympathie très rare. Aujourd’hui, elle fait objet d’une attaque sans précédent de la part du Front Annosra dans sa version marocaine. Je suis bien évidemment solidaire avec elle, et elle a tout mon soutien ».
Khadija Rouggany, avocate et figure influente du mouvement féministe, porte également son soutien à la chercheuse Asma Lamrabet, « nous partageons avec cette femme son point de vue, et nous l’encourageons contre cette vague d’obscurantisme qui réagit à toute tentative d’évolution. Nous avons milité pendant des années dans le cadre du mouvement féministe pour l’égalité entière à tous les niveaux, et nous ne pouvons tolérer ce genre d’agissements venant de la part d’une entité qui n’accepte pas la différence et qui veut réprimer les voix du changement ».
Pour rappel, Plus de cent intellectuels marocains -chercheurs, écrivains, sociologues- ont signé mercredi une pétition appelant à mettre fin à la discrimination des femmes en matière d’héritage, une question qui fait débat au Maroc.
Les signataires appellent à l’abrogation de la règle successorale « injuste » du « ta’sib », qui pénalise les femmes. Au Maroc, la femme n’a en effet droit qu’à la moitié de ce qu’hérite l’homme, le reste devant aller à des parents masculins du ou de la défunte.