Amzazi: « L’école publique n’est pas prête à recevoir des effectifs importants des écoles privées »

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MAP.

Insatisfaits de la gestion des paiements des écoles privées, certains parents d’élèves menacent de migrer massivement vers l’enseignement public. Pour Saaïd Amzazi, l’école publique n’a pas les capacités de recevoir des « effectifs importants » des écoles privées.

Lors d’une allocution devant les députés membres de la commission parlementaire permanente chargée de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, le ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, s’est opposé à l’alternative du public avancée par les parents d’élèves du privé, rapporte ce jour Aujourd’hui le Maroc.

«Une migration du secteur privé au public ne doit pas avoir lieu puisque cela voudrait dire que nous avons échoué tous à trouver une solution à cette crise. Pourquoi? Parce que l’école publique n’est pas prête à recevoir des effectifs importants des écoles privées. Dans ce cas, nous allons remettre en cause tout le parcours visant à réduire le nombre d’élèves par classe et améliorer la qualité de l’offre scolaire. Nous allons également mettre en péril l’architecture de l’enseignement privé», a énoncé le ministre.

Et d’ajouter: «Nous travaillons pour trouver un terrain d’entente entre les parents d’élèves et les écoles privées. Nous n’allons pas recourir à une méthode répressive mais nous faisons le choix du dialogue et de la communication». Toutefois, Amzazi regrette de ne pas « avoir une assise légale et réglementaire pour prendre une décision et ne pas se contenter d’une médiation entre les deux parties ». A ce propos, il souhaite « continuer à travailler [avec les autres partenaires] pour faire adopter [la] loi [réglementant l’enseignement privé au Maroc] avant fin juillet, ce qui va constituer un très grand acquis comme ce fut le cas avec la loi-cadre adoptée juste avant de partir en vacances l’été dernier ».

 

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« Cette année, nous aurons également un challenge important pour adopter cette loi 06-00 avant de partir en vacances car nous avons une vision en plus d’une approche participative avec les parties concernées », a ajouté le responsable gouvernemental. Une vision participative qui ne semble pas être au goût des représentants de l’enseignement privé qui avait annoncé son intention de recourir à la grève pour dénoncer la situation actuelle, précise le quotidien.

En effet, la Fédération marocaine de l’enseignement et de la formation privés (FMEFP) et l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc avaient annoncé le recours à une grève nationale, d’avertissement, le mardi 30 juin. Représentant plus de 2.500 établissements, les deux structures voulaient ainsi protester contre le manque de soutien des écoles privées de la part de l’Etat et contre le manque de leur implication dans la mise en application de la loi-cadre pour l’enseignement.

Depuis plusieurs semaines, le ministère de tutelle tente une médiation restée vaine entre les deux parties qui maintiennent leurs positions.