Algérie: la contestation reste mobilisée après l’investiture de Tebboune

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Au lendemain de la prise de fonction du nouveau président algérien Abdelmadjid Tebboune, une foule compacte manifeste à nouveau vendredi à Alger, rejetant le « système » politique dont il est issu et restant sourde à son offre de dialogue.

En ce 44e vendredi consécutif de manifestations à travers le pays, la mobilisation dans la capitale, épicentre de la contestation, est difficile à évaluer en l’absence de comptage officiel, mais elle semblait moins importante que les deux vendredis précédents, durant lesquels elle fut exceptionnelle.

« Ou c’est vous, ou c’est nous, nous n’allons pas nous arrêter », scandent les manifestants, tandis que sur des pancartes, on peut lire « Nous n’allons pas nous soumettre », selon un journaliste de l’AFP.

La contestation réclame le démantèlement du « système » qui dirige l’Algérie depuis l’indépendance en 1962 et le départ de tous ses représentants, dont fait partie Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, préfet de carrière, puis membres de plusieurs gouvernements, essentiellement sous Abdelaziz Bouteflika et investi jeudi.

Jeudi, le nouveau chef de l’Etat s’est à nouveau dit prêt à discuter avec le « Hirak » et a déclaré vouloir « amender » la Constitution pour en faire « la pierre angulaire de la nouvelle République ». Selon lui, le nouveau texte « réduira les pouvoirs du président de la République, protégera le pays contre le pouvoir d’un seul et garantira la séparation et l’équilibre des pouvoirs ».

Pour le « Hirak » les promesses de Tebboune sont bien en deçà de ses revendications. Il réclame notamment une Constitution totalement nouvelle, reprochant à l’actuelle d’avoir été taillée et retaillée à la mesure de M. Bouteflika. Il refuse aussi que le « système » se charge lui-même de se réformer et exige que la tâche échoie à des « institutions de transition ».