Ahmed Raissouni: «la normalisation avec Israël est contraire à la charia»

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Ahmed Raïssouni. Crédit: DR.

Pour le Marocain Ahmed Raïssouni, il faudrait encore définir le terme «normalisation». Mais encore, ceci serait contraire à la charia et à toute position humaine et morale, selon lui.

Dans une interview accordée au média algérien Echorouk, Ahmed Raissouni, président de l’Union internationale des oulémas musulmans, affirme que la «position de la charia concernant la normalisation, avec ces significations, ne peut être que l’interdiction sévère et le rejet total».

De plus, «même la position humaine et morale» est en contradiction avec une quelconque normalisation des États arabes avec Israël, poursuit-il. «L’interdiction de la normalisation n’est, en fait, rien d’autre qu’une interdiction contre l’injustice, le viol, l’occupation et les divers types de crimes que les sionistes ont commis et commettent depuis quatre-vingts ans», fustige l’ ex-chef du Mouvement unicité et réforme (MUR), aile idéologique du PJD.

 

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Cette normalisation qui est selon lui «un terme nouveau, développé par l’autre côté, et les Arabes y sont subordonnés» a pour objectif de sortir Israël de la situation étouffante dans laquelle il vit dans son environnement, en raison du rejet total qu’il a reçu de tous les peuples de la région, bien que sa survie à long terme dépende de son acceptation et de son intégration dans son environnement arabe». L’accepter serait donc «soutenir la pérennité de son occupation, une récompense pour ses crimes et un encouragement à continuer dans cette voie», juge Ahmed Raissouni.

Bien qu’annoncé par certains médias, le Maroc refuse «toute normalisation avec l’entité sioniste parce que cela l’encouragerait à aller plus loin dans la violation des droits du peuple palestinien», a déclaré Saad El Otmani, après la décision émiratie.

Pour rappel, les Émirats arabes unis ont annoncé le 13 août courant la normalisation de leurs relations diplomatiques avec Israël, un accord historique vanté par le président américain Donald Trump. Les EAU deviennent ainsi le troisième pays arabe avec lequel Israël entretient des relations diplomatiques après ses accords de paix avec l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994).