Affaire Hajar Raïssouni: indignation unanime après le verdict

Crédit: Alyaoum24.

La condamnation de Hajar Raïssouni et de son fiancé à un an de prison ferme ainsi que celle de son médecin à deux ans, a provoqué une vague d’indignation. Des personnalités de tous bords confondus ont affiché leur réprobation.

La colère est générale au lendemain des lourdes condamnations infligées hier par la justice à l’encontre de la journaliste Hajar Raïssouni, son fiancée, le gynécologue ainsi que ses collaborateurs! Un cri collectif d’indignation, mais aussi de déception à l’image de celle de la directrice d’information de la chaîne 2M, Samira Sitaïl qui a tweeté avec les hashtags #FreeKoulchi et #Freehajar: «J’y ai cru. J’ai cru jusqu’à la dernière minute que les poursuites contre Hajar Raïssouni, son fiancé et M.J Belkziz seraient abandonnées. J’ai cru que du mal terrifiant généré par cette affaire, il finirait par ressortir un peu de bien. J’ai eu tort».

Le journaliste est présentateur télé, Abdellah Tourabi, a quant à lui publié un statut sur Facebook exprimant sa tristesse pour sa consœur mais également pour sa patrie: «Une pensée triste à Hajar Raissouni, dont la vie a été brisée aujourd’hui après sa condamnation à 1 an de prison ferme. Triste journée également pour l’état des droits et des libertés au Maroc!».

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Du côté des universitaires et des intellectuels, l’expression de la colère a été toute aussi forte. Le sociologue et politologue, Mohammed Naji, a quant à lui publié une suite de statuts exprimant son indignation : «Horrifié ! C’est triste cette ligne « frontalière » franchie avec ce jugement entre les droits de l’Homme et l’inconnu».

Il a également fustigé l’état de la justice au Maroc : «Une Justice aux ordres, en plus d’être corrompue, fait des lois ce qu’elle veut. Changer les lois ou la justice?», avant de critiquer le mutisme du PJD : «Nos islamistes en plus d’être obscurantistes sont lâches et complices d’un jugement infâme!».

 

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Pour sa part, l’intellectuel et philosophe Ahmed Assid a appelé à «la constitution d’un front démocratique pour la protection de libertés qui ne sont pas protégées par la loi».

L’activiste amazigh a, dans cette veine, considéré que «les peines retenues contre Hajar Raïssouni et les personnes impliquées avec elle dans le même dossier, donne une image on ne peut plus sombre de notre pays ».

«Il semble que ceux qui ont poussé vers cette orientation, bien qu’ils soient au courant de l’internationalisation de cette affaire, se moquent carrément du regard porté par le monde vers nous », a-t-il soutenu. «Ils considèrent que le Maroc est une ferme isolée et que ses habitants peuvent restés sous tutelle jusqu’à l’infini », a-t-il ajouté avant de critiquer le silence radio de la part des islamistes au gouvernement.

 

من أجل جبهة ديمقراطية لحماية حريات لا يحميها القانون#أحمد_عصيدالأحكام الصادرة في حق #هاجر_الريسوني ومن معها في نفس…

Publiée par ‎Ahmed assid أحمد عصيد‎ sur Lundi 30 septembre 2019

 

«Pour ceux qui s’engloutissent par les flammes du despotisme sans pour autant avoir l’aptitude de dénoncer ces lois qui correspondent à leur référentiel, il n’y a pas lieu de compter sur eux. Car, les créatures du despotisme ne peuvent pas comprendre le sens de la liberté », a-t-il conclu.