Affaire Bab Darna: 300 victimes entendues, 80 millions de DHS d’impayés bancaire

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Considérée par beaucoup comme «l’arnaque immobilière du siècle», l’affaire Bab Darna continue de défrayer la chronique. Interrogé sur le sujet lors du Conseil de la Banque centrale mardi 17 décembre, Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib, a indiqué que «l’exposition des banques concernant cette affaire est à hauteur de 80 millions de DH».

Il s’agit là des pseudo-remboursements que le «promoteur» avait reversés aux acheteurs s’étant rétractés de la vente sur plan.

Le responsable de l’autorité monétaire avait par ailleurs noté «plus d’une centaine d’incidents de paiement» lors d’une période plus ou moins réduite, concernant le principal accusé ou de ses entreprises, indiquant au passage que l’affaire est «désormais entre les mains de la justice».

 

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En effet, le juge d’instruction chargé du dossier, au niveau du tribunal correctionnel de Ain Sebaa à Casablanca, a jusqu’à présent entendu plus de 300 victimes du faux-projet immobilier, pour leur majorité, des marocains résidants à  l’étranger (MRE). Selon les sources judiciaires, le magistrat a entendu depuis fin novembre environ «10 personnes quotidiennement»

Le présumé cerveau de l’opération, Mohamed El Ouardi, est quant à lui toujours en détention provisoire.

Que risque le principal accusé ?

Les chefs d’inculpation sont lourds: abus de confiance, escroquerie et abus de bien sociaux. Le code pénal prévoit d’ailleurs que quiconque de mauvaise foi détourne ou dissipe au préjudice des propriétaires, possesseurs ou détenteurs, soit des effets, des deniers ou marchandises, soit des billets, quittances, écrits de toute nature contenant ou opérant obligations ou décharges et qui lui avaient été remis à la condition de les rendre ou d’en faire un usage ou un emploi déterminé, est coupable d’abus de confiance et puni de l’emprisonnement de six mois à trois ans.

Cette peine est portée au double et le maximum de l’amende à 100.000 dirhams si l’abus de confiance a été commis par une personne faisant appel au public afin d’obtenir, soit pour son propre compte, soit comme directeur, administrateur ou agent d’une société ou d’une entreprise commerciale ou industrielle, la remise de fonds ou valeurs à titre de dépôt, de mandat ou de nantissement.