Adonis: "Les intellectuels arabes n'ont produit aucun savoir"

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Le poète syrien Ali Ahmed Said, alias Adonis, a déploré une pensée arabe stérile qui n’a pas évolué depuis la chute de Bagdad. Selon lui, l’interprétation des textes religieux a sclérosé la pensée arabe et a porté préjudice à la religion elle-même.
Adonis a décortiqué l’état de la pensée arabe-musulmane, lors d’une rencontre tenue à Tanger dans le cadre de la 13è édition du festival Touiza, en présence de penseurs et intellectuels hommes du monde arabe, dont Youssef Seddik, Ibrahim Al Kaouni, Wassini Laârej, Olfat Youssef, Ahmed Assis, Salah AL Wadie, Najib Al Aoufi et Said Yaktine.
La figure emblématique de la pensée arabe contemporaine a affirmé que « les intellectuels arabes n’ont produit aucun savoir. En comparaison avec les débuts de l’Islam et la situation actuelle, les premiers penseurs étaient plus entreprenants; ils ont produit un savoir qui a constitué le fondement d’une civilisation, tandis que nous n’avons rien produit », peut-on lire dans un article paru chez ce lundi chez nos confrères de Akher Saa.
Adonis a souligné que la pensée islamique est demeurée stérile depuis la chute de Bagdad; il n’a porté aucune valeur ajoutée, sauf quelques exceptions parmi les penseurs qui ont immigré à l’étranger. Ceux-ci se sont distingués dans l’astronomie, la physique, la médecine, la biologie, etc. « Nous avons expliqué, analysé…mais nous n’avons rien apporté de nouveau, en comparaison aux réalisations de nos ancêtres. Ainsi, nous nous sommes divisés en deux groupes, le premier interprète le savoir occidental, tandis que le second reprend l’ancienne pensée islamique », a-t-il indiqué.
Le penseur syrien a imputé cette stérilité de la pensée arabo-musulmane au fort  attachement des Arabes au pouvoir et la répression des peuples pour préserver le statuquo.