Accouchement par césarienne: les chiffres de la CNOPS

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La Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) a décidé de ne plus rembourser les accouchements par césarienne sans justificatif médical à partir du 1er mai prochain. Une décision prise après que les chiffres ont démontré l’accroissement de ces opérations, particulièrement dans les cliniques privées. Eclairage.

En effet, le taux de recours à la césarienne s’est élevé à 61%  en 2017 alors qu’il était de 35% en 2006. Un changement opéré après que le tarif national de référence ait augmenté de 6000 DH  à 8000 DH. La CNOPS a également précisé qu’il résultait de cette situation des pertes de 70 MDH chaque année. Les opérations remboursées de la part de la CNOPS sont d’ailleurs passées de 13 MDH en 2006 à 130 MDH en 2017. Soit 10 fois plus de charges.

Selon la parution du mardi 23 avril du quotidien Al Massae, le secteur privé, qui s’accapare 90 % du nombre d’accouchements, connait un taux supérieur du recours à la césarienne (66%) contre 25% seulement dans le secteur public. La Caisse précise également que des cliniques privées à Casablanca, Fès, Rabat, Agadir, Kénitra et El Jadida, ont enregistré un taux de recours aux opérations césariennes de 80% en 2018, notant que les femmes ayant recours à la césarienne sont généralement jeunes. En 2017 par exemple, 72% des femmes qui y ont eu recours étaient âgées entre 20 et 35 ans.

 

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Selon le quotidien, la CNOPS aurait déclaré que le taux de recours aux césariennes enregistré au Maroc dépassait celui préconisé par l’OMS et qui est de 15%. Il est à noter que le taux enregistré au Maroc dépasse le taux enregistré en moyenne chez 36 pays adhérents à l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (Turquie, Japon, France, Allemagne, Espagne, etc.) et qui est de 27,9%. Mais également le taux enregistré en Égypte (55,5%),  en Argentine (43,1%) et en  Colombie (36,9%), selon un rapport de l’OMS publié en 2018.

 

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Pour rappel, la décision de CNOPS avait fortement déplu aux médecins du secteur privé qui ont partagé plusieurs communiqués où ils qualifiaient la décision de CNOPS comme une intrusion dans leur métier, «vu que c’est à eux de déterminer ce qui serait meilleur pour leurs patients».