A contre-courant de Chabat, Nizar Baraka tire à boulets rouges sur Benkirane

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Le principal prétendant à la succession de Hamid Chabat à la tête de l’Istiqlal, Nizar Baraka, accuse le PJD d’avoir repris le discours de l’istiqlal et sa légitimité.

Nizar Baraka sort du bois. Longtemps silencieux, le très probable prochain secrétaire général de l’Istiqlal s’est confié le 4 septembre dernier à nos confrères de Médias24. Le concurrent de Hamid Chabat a été très féroce à l’égard du parti de la Justice et du développement (PJD), en l’accusant « d’avoir repris le discours du parti de l’Istiqlal et sa légitimé ». Baraka est allé jusqu’à qualifier la formation de Abdelilah Benkirane de parti « concurrent », contrairement à la ligne soutenue jusque-là par Hamid Chabat qui tenait à sa proximité avec la formation de Abdelilah Benkirane.

Pour Nizar Baraka, le débat pré-électoral du 7 octobre n’a pas porté sur le bilan du gouvernement de Benkirane, mais sur « le Tahakkoum ». Le petit-fils de Allal El Fassi qui était ministre de l’Economie et des finances sous le premier gouvernement Benkirane 2012-2013 affirme que ce dernier voulait « s’implanter dans le pays et notamment dans le monde rural qui était une cible, à travers la gestion de programmes ou de ministères spécifiques ». Nizar Baraka accuse même la formation de Benkirane de vouloir passer le parti avant le pays.

Cette sortie de Nizar Baraka va à contre-courant de l’orientation du parti de l’istiqlal sous Hamid Chabat. Ce dernier a tenu à maintenir son alliance avec le PJD après le 7 octobre et durant les tractations pour la formation du gouvernement. En cas de victoire de Baraka lors du congrès prévu du 30 septembre au 1er octobre, le parti de l’Istiqlal « changera forcément sa ligne politique et reverra ses alliances (…) l’Istiqlal ne pourra pas être un subordonné du PJD » nous confie ce leader très proche de Baraka. Ce changement de positionnement n’est néanmoins pas vu du même œil par les fidèles de Hamid Chabat au Conseil national du parti de la balance. « Baraka manque d’indépendance, et ne fera qu’appliquer les consignes extérieures (…) nous avons actuellement un certain rapport avec le PJD, la sortie de Baraka est a coté de la plaque je trouve », estime ce soutien de Chabat.