A Casablanca, des pharmaciens n’ont reçu qu’une seule dose de vaccin anti-grippe

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Depuis hier, une vague d’incompréhension anime les pharmaciens de Casablanca qui témoignent n’avoir reçu qu’entre une et cinq doses seulement de vaccin antigrippe en ce début de campagne de vaccination.

Depuis hier, plusieurs pharmaciens partagent leur incompréhension dans des groupes de discussions entre professionnels sur les réseaux sociaux. En cause, la très petite quantité de vaccins reçus en ces premiers jours de campagne de vaccination antigrippale, couplée au manque d’informations nécessaires au bon déroulé de cette action.

« On en a reçu qu’un… C’est ridicule! », s’exclame l’un d’eux auprès de ses confrères. « Je viens de recevoir cinq unités et cinq cartes de vaccination mais aucun identifiant », renchérit un autre. « Je n’en ai reçu qu’un, sans aucune indication, aucun identifiant ou mot de passe », abonde un troisième.

Pourtant, selon une circulaire datée du 1er novembre du ministère de la Santé (n°563/DMP00), « les mouvements de stock du vaccin doivent être saisis », notamment par les pharmacies d’officine, sur une plateforme dédiée, à l’aide d’un identifiant et d’un mot de passe normalement fournis par le grossiste.

350.000 doses destinées aux pharmacies d’officine

Lors d’une réunion la semaine dernière avec les pharmaciens, le ministère de la Santé a annoncé que 650.000 doses de vaccin antigrippal commandées par le Maroc devraient être disponibles dans les prochains jours, mais ne pourront être délivrées que sur ordonnance.

Parmi ce lot, 350.000 doses sont destinées aux pharmacies d’officine pour le grand public. Le reste est réparti comme suit: 150.000 pour l’Institut Pasteur et 150.000 pour le personnel de la santé et aux personnes couvertes par le Ramed.

Selon des informations communiquées par un grossiste, l’Etat a pour l’instant reçu que 200.000 doses, soit 100.000 pour les dispensaires et structures publiques, et 100.000 pour les pharmacies d’officine. Les 100.000 doses manquantes de cette première livraison (de 300.000 doses au total) devraient arrivées dans les jours prochains. Avec un nombre approximatif de 12.000 pharmacies réparties sur tout le territoire national, ça équivaut ainsi à environ huit doses accordées à chaque officine.

 

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« La quantité demandée n’est pas suffisante pour tous les pharmaciens. Les grossistes n’en ont eux-mêmes pas reçu assez. Aujourd’hui, la majorité des pharmaciens casablancais en ont reçu cinq mais ça va augmenter par la suite », explique Abdelali Bensalah, président du Syndicat pharmaceutique du quartier Hay Moulay Rachid, qui réfute l’hypothèse d’un favoritisme des grossistes envers certains pharmaciens.

« La distribution des doses dépend de la quantité reçue par les grossistes. Il y en a qui en reçoivent 6.000, d’autres 3.000… Il y a des pharmacies qui travaillent avec quatre ou cinq grossistes donc forcément elles en reçoivent plus », souligne-t-il.

« Le ministère veut y aller doucement »

D’autre part, le responsable syndical attire l’attention sur la nouveauté du vaccin antigrippal de cette année, une version quadrivalente soit à quatre souches de virus grippaux au lieu de deux les années précédentes. « On ne sait pas comment les gens vont réagir à ce vaccin donc le ministère veut y aller doucement et ne pas vacciner trop de monde d’un coup. C’est également pour cela qu’ils ont imposé l’ordonnance, pour maintenir une traçabilité », éclaire Abdelali Bensalah.

Et d’ajouter: « Avec la pandémie du covid-19, la demande du vaccin antigrippal a fortement augmenté. Les gens ont peur et pensent qu’ils seront protégés également contre le coronavirus en se vaccinant contre la grippe, mais il faut cibler les personnes âgées de plus de 65 ans et atteintes de maladies chroniques ».

Pour rappel, le ministère de la Santé a lancé lundi la campagne nationale de prévention contre la grippe avec comme slogan «Certains sont plus fragiles face à la grippe: Vaccinons-nous, Protégeons-nous et nos proches!», qui se poursuivra selon l’évolution de la situation épidémiologique.

Dans son communiqué, le ministère a indiqué que cette campagne cible les personnes à risque de complications graves, voire de décès liés à la grippe, notamment les femmes enceintes, les personnes souffrant d’affections chroniques telles que l’insuffisance rénale chronique, le diabète, les maladies cardiaques et affections pulmonaires chroniques, ainsi que les sujets âgés de 65 ans et plus et les enfants de moins de 5 ans.