A Al Hoceima, les manifestants affluent malgré l’interdiction

L’interdiction de la manifestation du 20 juillet ne semble pas arrêter les habitants des villes et villages avoisinants, qui continuent d’affluer sur Al Hoceima.

Al Hoceima, jeudi 20 juillet. Le mercure affiche 26 degrés. Un temps calme qui ne reflète pas le climat tendu et anxiogène qui règne dans la ville. Les forces de l’ordre sont de retour sur la place Mohammed VI, qu’elles avaient quittée il y a quelques semaines sur instructions royales. Une initiative qui se voulait comme une preuve de bonne foi des autorités pour régler la situation, et qui serait suivie d’autres plus fortes si la population l’accueillait favorablement. Le retour des forces de l’ordre signifie-t-il alors la fin de cette promesse mutuelle?

Plusieurs manifestants qui essaient de se rendre à Al Hoceima, en provenance d’Imzouren, Beni Bouayach, Tamassint et les autres villages et villes avoisinants, sont soit enregistrés dans des fiches rouges, soit interdits de continuer le trajet par les gendarmes ou policiers postés aux entrées de la ville, nous attestent plusieurs sources. «Dans les autocars, ceux qui n’ont pas de CIN ont été interdits de continuer le voyage pour Al Hoceima. Pour ceux qui en ont une, c’est à la tête du client», nous raconte un membre du Hirak qui a préféré garder l’anonymat. «D’autres ont été tout simplement interdits de quitter leur ville, comme c’est le cas d’un autocar à la sortie de Laroui, et d’un autre à la sortie de Lkassita (une petite localité à côté de Nador, NDLR)», ajoute notre source.

Hakim Saikouk, membre de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), nous raconte que son équipe et lui ont été stoppés à trois barrages de gendarmes: «Dès qu’on a dit qu’on se rendait à Al Hoceima, ils nous ont expliqué que la manifestation est interdite et que les pancartes qu’on avait dans la voiture appartiennent à une instance qui n’a aucune existence juridique (le comité national de soutien au Hirak, NDLR)». Après s’être fait enregistrer, ils étaient autorisés à repartir. D’autres ont préféré la voie maritime. C’est le cas de ce groupe d’une vingtaine de jeunes, qui est arrivé de la petite localité de Temsamane en bateau.

 

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La manifestation s’annonce donc tendue tant en raison de l’interdiction de la manifestation que de la persistance de ceux qui veulent y prendre part. Pour rappel, la journée du 20 juillet intervient 24 heures avant l’anniversaire de la bataille d’Anoual, au cours de laquelle Abdelkarim El Khattabi avait infligé une défaite à l’armée espagnole.

De notre envoyé spécial Hakim Bellachi.