Vidéos. 8 choses à retenir de la visite du pape au Maroc

à 13:30
AFP.

Après deux jours de visite officielle au Maroc, le pape François a regagné Rome hier soir. Retour sur les éléments marquants de ce 28ème voyage apostolique.

"L'Appel de Jérusalem"

C'est la surprise de cette visite papale. Le roi du Maroc Mohammed VI et le souverain pontife le pape François ont communément signé un texte fortement symbolique intitulé "l'Appel d'Al Qods". Dans ce document, ils manifestent leur souhait partagé de voir Jérusalem conserver et promouvoir son "caractère spécifique multireligieux, sa dimension spirituelle et son identité particulière", ainsi que la garantie dans la ville sainte de "la pleine liberté d'accès aux fidèles des trois religions monothéistes et le droit de chacune d'y exercer son propre culte (...)".

Le roi insiste sur l'éducation pour faire face aux radicalismes.

Lors de son discours prononcé en quatre langues (arabe, français, espagnol et anglais) sur l'esplanade de la mosquée Hassan, le roi Mohammed VI a évoqué le sujet des terroristes, expliquant que ce qu'ils "ont en commun n'est pas la religion, c'est précisément l'ignorance de la religion". "Pour faire face aux radicalismes, la réponse n'est ni militaire ni budgétaire; elle a un seul nom: éducation", a conclu le souverain qui invite à la "co-connaissance entre les trois religions abrahamiques".

Le pape félicite le roi sur sa gestion de l'immigration
"J’espère que le Maroc, qui avec une grande disponibilité et une délicate hospitalité a accueilli cette Conférence (conférence intergouvernementale pour adopter le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, signée en décembre dernier à Marrakech, NDLR), voudra continuer à être, dans la communauté internationale, un exemple d’humanité pour les migrants et les réfugiés (...)", a énoncé le pape dans son discours samedi après-midi à l'esplanade de la mosquée Hassan à Rabat.

Les Marocains chrétiens laissés pour compte de la "protection" royale
Le Commandeur des Croyants a également rappelé dans son discours qu'il "veillait effectivement au libre exercice des religions du Livre" et qu'il "les garantissait". Sans compter la précision qu'il a apporté ensuite: "Je protège les juifs marocains et les chrétiens d'autres pays qui vivent au Maroc", évinçant de fait les quelques milliers de Marocains chrétiens.

Le pape met en garde les chrétiens du Maroc contre tout prosélytisme

Dans cette même verve, le pape a fortement réprouvé toute tentative de prosélytisme de la part des chrétiens du Maroc. "Les chemins de la mission ne passent pas par le prosélytisme, qui conduit toujours à une impasse", a-t-il insisté. "S'il vous plait, pas de prosélytisme!", s'est-il exclamé, arguant que "l'Eglise croît non par prosélytisme mais par le témoignage".

La messe géante au Complexe Moulay Abdellah à Rabat

Point d'orgue de cette visite papale, la messe dominicale en présence de 10.000 fidèles de tous horizons. Pour cette célébration, le pape était notamment accompagné de l’archevêque d’Alger, l’évêque d’Oran, l’archevêque de Rabat, Mgr Cristóbal López Romero et l’archevêque de Tanger, Mgr Santiago Agrelo Martinez. Étaient également présents des représentants étatiques tels que le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, et le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq.

"Allahu akbar, Adonaï et Ave Maria", un chant pour le dialogue inter-religieux

Dans l’auditorium de l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates, trois chanteurs de l'Orchestre philharmonique du Maroc (OPM) ont chacun chanté une mélodie relative à l'une des trois religions monothéistes. Il s'agit d'un extrait d'une série de concerts placée sous le signe "Les religions à l'unisson". Ainsi, Caroline Casadesus, fille du chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus, a interprété l’Ave Maria de Caccini, le muezzin Smahi Harrati a "chanté" l’appel à la prière des musulmans et Françoise Atlan a mis en mélodie la prière juive Adonaï.

La rencontre avec le dernier moine, rescapé du massacre de Tibéhirine

Crédits : AFP/Fadel Senna

Lors de sa visite hier à la cathédrale Saint-Pierre de Rabat où il a rencontré des prêtres, des personnes consacrées, des représentants des chrétiens d'autres confessions, le pape François a également rencontré le père Jean-Pierre Schumacher, dernier moine survivant du massacre de Tibéhirine perpétré contre sept moines trappistes en 1996 pendant la guerre civile en Algérie. A 95 ans, le père Jean-Pierre vit au monastère Notre-Dame de l'Atlas à Midelt, dans le centre du Maroc, où les trappistes se sont installés en 2000, soit quatre ans après le drame.