5 choses à retenir du nouvel accord de pêche Maroc-UE

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Le Maroc et l’Union européenne (UE) ont paraphé aujourd’hui un nouvel accord de pêche et son protocole d’application. Cet accord vient mettre un terme à des mois de négociations entre les deux parties.
Le tant attendu accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne a été paraphé aujourd’hui à Rabat en présence du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Nasser Bourita et le ministre de l’Agriculture et la pêche, Aziz Akhannouch. Plusieurs modifications ont été apportées à la première version de l’accord et son protocole d’application. Voici les 5 principales choses à retenir du nouvel accord de pêche.
Augmentation de la contrepartie financière
Selon les termes du nouvel accord, la contrepartie financière sera augmentée et celle-ci passera d’une moyenne annuelle de 40,0 M€ à 52,2 M€, soit une progression de 30%. Le niveau des débarquements obligatoires et les catégories de pêche restent inchangés par rapport à l’ancien protocole. Le nombre de navires concernés reste le même, à savoir, 128 navires.
Une dimension socioéconomique
Ce nouvel accord compte aussi une dimension socioéconomique et des dispositions en faveur des populations des zones concernées, notamment en termes d’infrastructures, de services sociaux de base, de créations d’entreprises, de formation professionnelle, de projets de développement et de modernisation du secteur de la pêche.
Le nombre de marins marocains autorisés à embarquer dans les navires européens augmentera aussi. Le but est de maximiser les impacts socioéconomiques sur ces régions. L’accord maintient fixe un chiffre de débarquement obligatoire avec une augmentation du niveau des pénalités à 15% au lieu de 5% en cas de non-respect du nombre fixé.
Préservation de l’écosystème
Cet accord se fixe comme objectif de préserver la durabilité des ressources halieutiques et la protection de l’environnement marin. Pour se faire, plusieurs exigences techniques ont été intégrées au protocole d’application de cet accord.
Il s’agit de la révision des plafonnements de captures de petits pélagiques au sud, en adéquation avec le cycle de vie de ces espèces. Certaines espèces à préserver (tels que le poulpe et les crevettes), sujettes à des plans d’aménagement strictes ne sont pas incluses dans le nouvel accord notamment.
Pas touche à la méditerranée !
L’accord, paraphé ce lundi, fixe un territoire limité aux navires de pêche. Il couvre la zone géographique allant du Cap Spartel, près de Tanger au Cap Blanc, dans la frontière maroco-mauritanienne. L’accord exclut la mer Méditerranée de ce périmètre afin de préserver ses ressources, qui souffrent à plusieurs endroits de surexploitation. Le système de suivi et de contrôle de la pêche a été renforcé également en rendant obligatoire la présence des observateurs dans certaines catégories. Chose qui n’était pas prévue dans l’ancien protocole.
Le Sahara inclue dans l’accord
Le point central de la discorde entre les deux parties était l’inclusion du Sahara dans les termes de cet accord. Après des négociations, le Maroc et l’Union européenne ont trouvé un terrain d’entente pour le renouvellement du protocole de pêche. Le royaume avait menacé de se diriger vers d’autres marchés tels que la Russie ou la Chine. Finalement, la Commission européenne a inclut le Sahara marocain dans l’accord et réadapté les termes de l’accord conformément à la décision de la Cour de justice de l’UE (CJUE).