Marché publicitaire: l’ANME met en garde contre les comportements malsains

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Driss Chahtane, Association nationale des médias et des éditeurs (ANME). Crédit: DR

L’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) a mis en garde, vendredi, contre l’évolution préoccupante du marché publicitaire au Maroc, appelant à l’ouverture d’une enquête.

Dans un communiqué relayé ce vendredi 14 juin, l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) affirme avoir observé depuis plusieurs mois «des comportements malsains de certaines entreprises de communication institutionnelle et de relations publiques sur le marché publicitaire ainsi que dans la gestion des rapports entre les institutions publiques, privées et les annonceurs avec le secteur de la presse nationale (écrite et électronique)».

Celles-ci prétendent faire dans les relations publiques, mais «s’éloignent de leur raison d’être en tant qu’acteurs dans le domaine du marketing et de la publicité, en reniant leur partenariat fondamental avec les médias qui ont la légitimité de la diffusion des campagnes de promotion», explique le communiqué.

En effet, «dans une démarche négative, ces entreprises et agences surfent sur la ‘vague’ des influenceurs et des créateurs de contenu, dans un but purement lucratif, bien que beaucoup de ces influenceurs soient soupçonnés de ‘collecter’ des followers et des vues à partir de contenus piratés ou de pratiquer du chantage», regrette l’association la plus représentative du secteur des médias.

«Cette nouvelle alliance entre les agences de relations publiques, les influenceurs et les institutions publiques et privées –qui allouent chaque année des millions de dirhams à des campagnes promotionnelles– fait partie des dérives auxquelles doivent se dresser les professionnels, les éditeurs et les dirigeants des entreprises médiatiques nationales», poursuit la même source.

Si l’ANME rappelle les efforts déployés par les entreprises médiatiques pour investir, créer des emplois et redynamiser les secteurs de l’édition, de la distribution et de la lecture au Maroc, elle refuse catégoriquement que ces efforts soient rendus vains et spoliés par des agences de communication en connivence avec des influenceurs peu pertinents, qui ne paient pas d’impôts et qui bénéficient de budgets publicitaires conséquents, censés être destinés à un secteur médiatique structuré, créateur d’emplois et partenaire de l’État dans le déploiement de grandes réformes dans plusieurs domaines.

Lire aussi. Veille et revue de presse: l’ANME tape du poing sur la table

L’association présidée par Driss Chahtane considère qu’«un dysfonctionnement aussi grave ne peut être toléré et ce genre de pratiques doit cesser. Toute indulgence de la part des éditeurs et des professionnels est interprétée comme une collusion visant à étouffer le secteur des médias et de l’édition.»

Appel à l’ouverture d’une enquête

Dans ce contexte, l’ANME appelle à l’ouverture d’une enquête sur les transferts de fonds publics et privés à des fins autres que celles prévues, notamment en ce qui concerne le développement du secteur des médias en tant que service public qui doit être protégé.

L’organisation appelle également à reconsidérer les lois régissant les sociétés de relations publiques et définissant leurs missions, leurs domaines d’intervention, leurs transactions et leurs partenaires.

Et pour défendre la corporation, l’ANME appelle au boycott de toutes les activités des entreprises et des agences qui traitent avec des influenceurs et de ne plus publier leurs communiqués, tout en soulignant que les journaux et les sites électroniques ne sont pas des poubelles, réceptacles des restes de «relations» avec les influenceurs.

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