Pourquoi faut-il toujours «trinquer les yeux dans les yeux»?

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Les joyeux buveurs du samedi soir connaissent mieux que quiconque la tradition. Mais d’où vient-elle ? Et pourquoi cela porte-t-il malheur de ne pas la suivre ? Le Figaro revient sur son origine.

Ils se nomment vin, bière, alcool ou cocktail et s’imposent chaque soir sur les tables des bars comme les rois de la soirée. L’ivresse des paradis artificiels a en effet conquis -avec modération évidemment- tous les palets. À chaque début de tournée, les boissons s’entrechoquent, on se souhaite le meilleur. On tape le verre, encore et encore, sans jamais se quitter des yeux. Mais d’où vient cette curieuse tradition? Le Figaro revient sur son histoire.

Une histoire qui nous replonge durant l’ère médiévale. À l’époque, les lieux de beuverie sont autrement des endroits rêvés pour empoisonner ses compagnons de boisson. Afin de s’assurer des bonnes intentions de son voisin, il était ainsi courant -voire recommandé- d’entrechoquer son verre contre le sien. Et ce, sans le quitter des yeux. Histoire de s’assurer des bonnes intentions dudit camarade.

 

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Si un obscur liquide avait été mélangé au breuvage du joyeux buveur, quelques gouttes s’en déversaient alors dans la chope dudit compagnon. Ce dernier était alors obligé de détourner le regard afin de vérifier qu’aucune larme de poison ne se soit noyée dans son verre. Pris sur le fait, le gentil buveur comprenait ainsi que son compagnon de boisson avait surtout pour dessein de l’assassiner.

De nos jours, la tradition a quelque peu changé. Plus question en effet de guetter un éventuel assassin! Si l’on continue de trinquer en regardant notre camarade de boisson, c’est surtout pour placer notre soirée sous les meilleurs auspices. N’allez donc rien imaginer si votre barman vous demande un jour: «Quel poison buvez-vous ce soir?» Il cherchera seulement à égayer votre joyeuse tablée.