Gérard Depardieu va s’installer en Algérie

à 19:35

Interrogé par le quotidien La Provence, en pleine promotion de la deuxième saison de la série Marseille, l'acteur a annoncé sa volonté de s'installer sur «la Terre des Berbères». Il désamorçait par la même occasion une éventuelle polémique après ses déclarations dans l'émission Quotidien.

«One, two, three, viva l'Algérie!» Gérard Depardieu, qui ne cesse de surprendre, pourrait très bientôt scander le slogan de la sélection nationale avec la même ferveur qu'un local. Dans une interview accordée au quotidien La Provence , l'acteur explique qu'il s'installera prochainement à Alger et tente de désamorcer par la même occasion une potentielle polémique suite à ses propos dans l'émission Quotidien sur TMC .

Interrogé par Yann Barthès sur sa préférence entre Paris et Marseille, l'acteur avait jeté son dévolu sur la cité phocéenne, avant de digresser. «Les Algériens qui vivent à Marseille ne pourraient pas se comporter comme ils se comportent à Marseille en Algérie. Jamais vous ne verrez un Algérien mal se comporter en Algérie car ils sont vite ramenés par les anciens et par le respect», avait-il déclaré.

Citoyen du monde

L'acteur de 69 ans est revenu sur ses propos lundi dans La Provence. «Cela a peut-être été mal compris. Je vais bientôt habiter en Algérie, comme Éric Cantona d'ailleurs, qui habite à Oran. J'ai choisi Alger. C'est un pays splendide. Ce que j'ai voulu dire, c'est que les Algériens de Marseille n'oseraient pas dire le quart de ce qu'ils disent, en Algérie. Le sens du respect se perd. Il est beaucoup plus marqué là-bas», s'est-il défendu. «Je me suis intéressé à l'histoire de l'Algérie. C'est un peuple d'une grande intelligence qui a été bousculé par une armée d'analphabètes en 1830», a-t-il ajouté.

Comme des envies d'ailleurs pour ce citoyen du monde. En 2012, Depardieu avait fait l'acquisition d'une maison à Néchin en Belgique. L'année suivante, il avait obtenu la citoyenneté russe, après en avoir demandé la nationalité à Vladimir Poutine, un président qui n'avait pas été insensible à son rôle de Raspoutine dans le film homonyme de Josée Dayan. Pour mettre toutes les chances de son côté, Depardieu avait déclaré «aimer Poutine, la Russie et sa démocratie». L'interprète de Jean-Claude, un jeune rebelle dans Les Valseuses de Bertrand Blier (1974), n'a jamais vraiment eu la langue dans sa poche.

«Amoureux de la vie, des gens et de la gastronomie»

En juillet 2017, , un média franco-algérien basé à Marseille créé dans le but de renouer l'amitié entre les deux rives de la Méditerranée. Il y évoquait son amour pour le pays. «Les Algériens travaillent très bien, contrairement à ce que l'on pense. Parce qu'il y a encore ces relents, même pas de racisme, mais de connerie, d'ignorance et de bêtise. Ces gens ne savent pas, ils confondent et mélangent tout. Ça, c'est un drame», expliquait-il.

Cette interview sur la Canebière avait été l'occasion d'évoquer son projet d'investissement dans le secteur viticole. «J'ai un vignoble à Tlemcen qui s'appelle le domaine Saint-Augustin où nous avons 50 hectares. Bouteflika [président de la République algérienne] avant qu'il ne tombe malade m'avait dit: “ne t'en fais pas, à un moment où ça ne sera plus 60-40, on va s'arranger”. Je lui ai dit je ne veux pas m'imposer, je connais les douleurs et les souffrances», avait-il précisé.

«Amoureux de la vie, des gens et de la gastronomie» comme il aime le dire, Gérard Depardieu avait dévoilé son personnage de bon vivant et son attachement à la bonne nourriture et au vin dans l'émission A pleine dent s!, la série documentaire d'Arte. En une dizaine d'épisodes, on l'avait suivi parcourant les quatre coins de l'Europe, depuis la Bretagne au Portugal en passant par l'Italie, la Bavière ou encore l'Écosse, pour y découvrir la gastronomie locale auprès de petits producteurs.